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TÉHÉRAN, THE AGENCY, THE DIPLOMAT : comment les séries géopolitiques sont devenues bankables

Autrefois réservées aux livres d'Histoire, les relations internationales et leur lot de conflits font désormais le sujet de plusieurs séries. Espionnage, pressions, politiques et coups bas sont au rendez-vous.

Le BUREAU DES LÉGENDES avait dix ans d’avance

Il faut peut-être remercier la DGSE, les services secrets français extérieurs, pour avoir inspiré à Eric Rochant la création du BUREAU DES LÉGENDES dès 2015, la brillante série diffusée sur Canal+ et de ce fait, établir une fois pour toutes que la géopolitique, cette discipline complexe qui voient les États s’affronter, fournit une matière première idéale pour les séries.

Un nouveau filon scénaristique

Quand on observe en 2025 le marché des séries, il est évident que cette idée a fait des petits et pas les plus maladroits du plateau. D’une part, LE BUREAU DES LÉGENDES vient de connaître une prestigieuse déclinaison avec la sortie cette année de THE AGENCY, série où la CIA et Londres remplacent la DGSE et Paris, et un certain « Martian » (Michael Fassbender) a pris la place dévolue à Malotru (Mathieu Kassovitz). Et de l’autre, de plus en plus de nouvelles séries s’emparent de la matière hautement inflammable que sont les relations internationales. Ainsi, THE DIPLOMAT raconte sur Netflix comment la nouvelle ambassadrice américaine à Londres (Keri Russell) chaperonnée par son intriguant de mari (Rufus Sewell) doit désamorcer de multiples conflits avec ses alliés et ses ennemis. Après le succès des deux premières saisons d’un programme qui a nécessité des dizaines d’interviews d’experts géopolitiques, une troisième est en préparation.

 

 

Entre actions et manipulations, un cocktail explosif

La série TÉHÉRAN dont la saison 3 arrive sur Apple TV+ le 25 juillet a elle aussi placé une femme au premier plan en la personne de Tamar Rabinian (Niv Sultan), espionne israélienne infiltrée en Iran. Avec comme toile de fonds le fait que les deux pays sont depuis officiellement en guerre au sujet de la question des armes nucléaires, point central de la série. On pense aussi à HOMELAND qui mêlait à la fois les relations conflictuelles entre les États-Unis et les pays du moyen-orient à la question de la bipolarité de son héroïne. Les pays nordiques se sont eux aussi attaqué au sujet avec BORGEN et surtout OCCUPIED qui raconte l’invasion de la Norvège par la Russie pour le contrôle de ses ressources pétrolières ou encore la série AU SERVICE DE LA FRANCE sur la diplomatie dans les années 60. Il est vrai que le sujet permet de mêler espionnage, politique, relations personnelles entre chefs d’État, trahison, pressions et même la guerre. Un cocktail explosif qu’on retrouve à son maximum dans TÉHÉRAN.

La géopolitique en direct

Là où TÉHÉRAN se distingue de ses concurrents, c’est que la série israélienne se déroule parallèlement à l’Histoire entrain de se réaliser. Ainsi, les récents bombardements de Tsahal sur les installations nucléaires iraniennes font directement écho à l’intrigue de la saison 1 et la saison 3 commence avec une visite d’Eric Peterson, un inspecteur américain incarné par Hugh Laurie, chargé d’examiner si l’État iranien respecte ses obligations en matière nucléaire soit le point de discorde actuel entre les deux pays...

TÉHÉRAN, une série Apple TV+ disponible avec CANAL +.