Aller au contenu principalAller à la recherche

CAPE FEAR – LES NERFS À VIF – quelles différences entre la série et le film de Martin Scorsese ?

Apple TV sort le grand jeu avec l'adaptation en série du roman Un Monstre à abattre de John D. MacDonald, plus connu des cinéphiles via la version de Martin Scorsese, LES NERFS À VIF. CAPE FEAR, à retrouver également sur CANAL+, peut-elle marquer par sa différence ?

CAPE FEAR s'attaque au système

CAPE FEAR a beau être une adaptation des NERFS À VIF, la série d'Apple TV en dix épisodes de 60 minutes, à retrouver aussi sur CANAL+, ne peut copier-coller littéralement un roman de deux cents pages ou deux films d'environ 110 minutes (en comptant celui de 1962).

Sa première bonne idée est donc de ne pas se contenter de raconter l'histoire d'un homme libéré de prison s'en prenant à l'avocat qui a témoigné contre lui et à sa famille. Ici, Anna (Amy Adams) n'est pas qu'une simple avocate, c'est une avocate de la défense qui défendait Max Cady (Javier Bardem) et qui n'a pas cru en son innocence. Pire, elle est désormais mariée à Tom Bowden (Patrick Wilson), le procureur qui a aidé à mettre Cady en prison.

Cady ne s'attaque donc pas à des quasi-étrangers, il s'attaque à des gens qu'il connaît, qui n'ont pas contribué à sa condamnation, ils l'ont causée. Par ce biais, la série entend jeter un regard sur le système judiciaire tout entier et comment l'utiliser contre lui. La loi qui protège les Bowden peut également protéger Cady et c'est sur cette corde que CAPE FEAR vaut son visionnage, parce que ce n'est plus un simple thriller, c'est un jeu d'échecs psychologique qui étudie tous les recoins de la légalité.

Un Max Cady moins monstrueux, bien plus vénéneux

Forcément, CAPE FEAR se sert de son format rallongé pour réécrire des personnages que les fans des NERFS À VIF pensaient connaître. Cela passe notamment par davantage d'intrigues autour des deux adolescents des Bowden qui permettent d'explorer une cellule familiale faite d'apparences.

Mais le protagoniste le plus attendu au tournant est évidemment Max Cady. Si on peut débattre sur quelle version on préfère entre celle-ci et celle de Scorsese (qui est producteur du show en compagnie de Steven Spielberg) dans sa globalité, on avoue que la prestation de Javier Bardem, bien aidé par l'écriture, nous a davantage séduite que celle de Robert de Niro.

Chez Scorsese, Cady était un monstre sous un visage d'homme qui contenait sans cesse sa rage. Ici, Bardem, bien habillé par ses lentilles, parvient à incarner ce mélange de noirceur et de douceur, jouant les hommes courtois tout en étant constamment imprévisible. On est immédiatement fasciné par sa prestation, tout en étant effrayé à chaque apparition. Un danger séduisant et pourtant, le scénario n'oublie jamais l'homme derrière en lui accordant aussi des parts d'humanité par instants, comme si sa colère pouvait être non légitimée, mais au moins comprise.

Autant d'éléments qui permettent à CAPE FEAR d'exister aussitôt pour ce qu'elle est et non pour le souvenir des NERFS À VIF. Ce n'est pas une adaptation, c'est une réinterprétation à retrouver sur Apple TV et CANAL+.