Les grands absents des César 2025
À l'approche de la 50e cérémonie des César, la liste des nommés dévoilée le 29 janvier révèle de surprenantes absences, notamment du côté de la comédie et des films réalisés par des femmes, malgré une année riche en propositions audacieuses. Les absences sont d'autant plus frappantes que la cérémonie marque un anniversaire symbolique.
La comédie française boudée
Alors que Le Comte de Monte-Cristo domine avec 14 nominations, la comédie est, une fois de plus, le parent pauvre de la sélection. Un p'tit truc en plus, plus grand succès de l'année, ne décroche qu'une seule nomination. Le Grand Prix de l'Alpe d'Huez, Nous, les Leroy, est totalement absent, tout comme Le deuxième acte de Quentin Dupieux, pourtant présenté en ouverture du Festival de Cannes. Cette mise à l'écart systématique du genre interroge sur les critères de l'Académie. Même les comédies les plus ambitieuses, comme Bis repetita d'Émilie Noblet, n'ont pas trouvé grâce aux yeux des votants.

Des films laissés de côté
Plusieurs œuvres saluées par la critique brillent par leur absence. L'adaptation ambitieuse de Leurs enfants après eux par les frères Boukherma n'obtient aucune nomination, pas même pour la meilleure adaptation. Le film choc Ni chaînes ni maîtres et Les Reines du drame d'Alexis Langlois, œuvre queer rafraîchissante qui enrichit le paysage du cinéma français avec son mélange de télé-réalité musicale à l’ancienne et d'histoire d'amour, sont également absents de la sélection.

Les réalisatrices toujours plus en marge
Cette année marque un recul inquiétant : aucune femme n'est nommée dans la catégorie meilleure réalisation, une situation rare depuis les années 2010. Des films comme Les femmes au balcon de Noémie Merlant, All We Imagine As Light de Payal Kapadia ou le dernier film de Sophie Fillières, Ma vie ma gueule, qui aurait pu constituer un bel hommage posthume, auraient mérité leur place. Même The Substance de Coralie Fargeat, bien que réalisé par une Française, n'était pas éligible car produit exclusivement par des sociétés étrangères. Seule la catégorie meilleur premier film fait exception, avec les nominations d'Agathe Riedinger (Diamant Brut) et Louise Courvoisier (Vingt Dieux). Cette 50e cérémonie, prévue le 28 février sur Canal+, illustre une nouvelle fois le paradoxe d'une Académie qui prend position contre les violences sexuelles tout en peinant à reconnaître les talents féminins confirmés.



