Vikings saison 5 : l’interview d’Alex Høgh Adersen (Ivar) et Peter Franzén (Harald)

Posté par La Rédaction de CANAL + le 27 Décembre 2018
La deuxième partie de la saison 5 de Vikings continue sa diffusion sur CANAL + SÉRIES. Découvrez alors l’interview des interprètes d’Ivar et Harald, Alex Høgh Adersen et Peter Franzén.

Dans la saison 5, Ivar the Boneless et Harald Finehair se sont alliés pour contrer les forces de Lagertha et lui prendre Kattegat. Leur mission ayant été menée à bien, les deux personnages se séparent. Le fils de Ragnar monte sur le trône tandis que son ancien allié part attaquer le Wessex mais prévoit déjà de revenir pour se retourner contre Ivar. Les deux acteurs se sont alors confiés sur leur rôle, leur alliance et leur quotidien sur la série Vikings.

Comment le handicap d’Ivar participe à la fois au bon et au mauvais côté de son personnage ?

Andersen : Ivar a vécu une vie sans frontières, exceptées des frontières physiques. Sa mère l’a étouffé avec trop d’amour quand il était petit car son père, qui devient le Viking le plus célèbre, était absent de sa vie. Il est handicapé dans une société et à une époque où personne ne comprend vraiment ce qui ne va pas chez lui ou n’a le temps de l’aider malgré son nom de famille célèbre. Il a été élevé par Floki, qui était son mentor, ce qui n’ajoute rien de « bon », mais il est toujours en train de réfléchir à ce que la moralité signifie pour lui. À la fin de la saison 4, il part avec les hommes et son père, et c’est une expérience très précieuse pour lui. Il se bat avec ses frères pour savoir qui doit diriger l’armée parce qu’il est toujours en train de faire ses preuves, et c’est ce qui fait que son personnage se démarque autant. Floki lui a aussi appris à croire aux Dieux, donc il essaye de leur prouver sa valeur. Le but d’Ivar est d’entrer à Valhalla. Son handicap le retarde physiquement et c’est un challenge dans tous les buts qu’il se fixe, il est constamment en train d’essayer de le vaincre.

Combien de temps pensez-vous qu’Ivar puisse survivre dans la série ?

Andersen : Ça dépend de Michael Hirst, notre unique scénariste de la série. On essaye de coller à l’Histoire le plus possible, mais il faut aussi garder à l’esprit qu’il s’agit d’une série télé et Michael doit conserver un niveau de drame assez élevé afin de captiver le public. Il y a beaucoup de théories sur « Ivar the Boneless » et la façon dont il a eu ce nom. Certains disent que cela n’a rien à voir avec sa maladie des os de verre et d’autres disent que c’est parce qu’il est super flexible, ce que je préfère. En réalité, Ivar aurait lutté pour survivre, donc j’essaye de garder cet état d’esprit à chaque scène. Il devient plus fort, mais je dois garder les éléments de la maladie présents pour que le public n’oublie pas qu’il lutte chaque jour. Je pense que le handicap d’Ivar lui apporte un certain équilibre parce que sans, il serait moyen et pas autant apprécié en tant que personnage.

Pendant votre audition, vous souvenez-vous comment vous avez montré la douleur dans vos yeux sans rien faire d’autre ?

Andersen : À l’origine, j’ai auditionné pour Ubbe, Sigurd et Hvitserk. Et soudainement ils ont voulu que je lise pour Ivar, donc j’étais assis là, essayant de retenir les lignes pour la scène d’Ivar, transpirant. Je me souviens tout rater les deux ou trois premières fois que j’ai lu. Et puis finalement j’ai réussi et on m’a donné le rôle. Je me souviens d’avoir posé des questions à Michael [Hirst, ndlr] à propos d’Ivar et du genre de personnage qu’il était. Michael a expliqué : « Eh bien, il souffre énormément. » Et j’ai dit : « A-t-il vécu avec cette souffrance toute sa vie ? » Et Michael a répondu : « Je crois. Je pense que c’est comme ça que fonctionne la maladie, tu nais avec ». Donc dans mon esprit j’ai pensé que je devais utiliser cette douleur pour montrer la profondeur du personnage et je l’ai fait via mes expressions faciales, ce qu’aucun autre acteur auditionnant pour le rôle n’a fait.

Au début de la saison 5, vous faites équipe et formez une alliance. Pouvez-vous parler de l’évolution au fil de la saison ?

Franzén : Ils savent et comprennent tous les deux qu’ils mentent l’un à l’autre. Mais ils essayent de trouver l’équilibre en complotant l’un contre l’autre.

Andersen : C’est un jeu qu’ils adorent et ils sont tous les deux d’accord pour jouer. Ils ont un respect mutuel dans toute cette folie. C’est un grand plaisir de pouvoir travailler avec Peter [Franzén, ndlr]. C’est un acteur très talentueux.

Franzén : À chaque fois qu’on travaille ensemble c’est toujours fun. 

Maintenant que Floki est parti, Harald va-t-il devenir un mentor pour Ivar ?

Andersen : Je pense qu’ils sont dans le même camp, mais de façons différentes. Ivar n’accepterait jamais Harald comme mentor. Ivar a déjà fait ses preuves et il croit fermement être le leader de la Grande Armée Païenne une fois qu’il a pris la place d’Ubbe. Peter, tu penses que Harald pourrait être mon mentor ?

Franzén : Non. Ils essayent juste de faire en sorte que cela fonctionne entre eux, et la gloire qu’Ivar peut apporter à Harald est la bienvenue.

Comment le retour de Rollo va-t-il affecter la dynamique entre Ivar et Harald ?

Andersen : Rollo est de retour, c’est tout ce que sait Ivar à ce moment. Harald et Ivar ont fait un pacte avec Rollo. Rollo a prêté ses soldats français pour qu’ils gagnent. Ivar sait que Rollo voudra quelque chose en retour pour sa faveur, donc le retour de Rollo était attendu. Ce sera une pilule difficile à avaler pour Ivar puisque c’est lui qui est assis sur le trône maintenant. Ce sera vraiment intéressant de voir leur dynamique. 
 

À quel point connaissiez-vous la période viking avant d’arriver dans la série ? Quelles sont les bonnes choses que vous voyez dans la culture viking ?

Andersen : Ce que je vois c’est que les gens changent leur vision des Vikings comme un groupe plus progressiste. Les femmes étaient plus égales que dans beaucoup d’autres cultures au même moment. Ils étaient aussi d’incroyables fermiers qui se sont étendus et ont fini par créer d’énormes stations d’échange au Danemark et en Scandinavie.

Franzén : Je pense que les Vikings sont la naissance d’une tribu. Il y a beaucoup de rois qui ont trouvé refuge en Finlande à cause des accrochages avec la Suède et la Norvège, donc beaucoup de rois vikings ont établi leurs royaumes en Finlande. Ils étaient métissés, et bien sûr c’est une partie de notre nature et de notre héritage. Quand je regarde la série, je peux vraiment m’identifier avec ce qu’il se passe dans le monde actuellement. L’Histoire se répète et on se retrouve comme des êtres humains qui n’apprennent jamais de leurs erreurs. Des gens disparaissent et émergent avec d’autres cultures, et ainsi de suite, donc on a tendance à oublier les leçons du passé.

Comment cette série vous a-t-elle changés en tant que personne dans votre vie de tous les jours ?

Franzén : Je ne suis pas rentré chez moi depuis trois ans donc ça change un peu les choses avec ma famille. Mon fils a grandi. Mais en tant qu’artiste, et en tant que personne qui veut avoir une carrière, c’est un honneur de faire partie de l’une des plus grosses séries du monde.

Andersen : C’est plus à propos de ce que je suis devenu comme personne et comment je me mets dans le personnage. Ce que je vis en opposition avec ce que vit le personnage. Cela dépend de comment tu arrives au travail et de comment tu travailles. C’est difficile parce que je pense que c’est finalement être capable d’incarner et de devenir le personnage. Et une fois que tu rentres chez toi, avec un peu de chance, tu peux te sortir du personnage et redevenir toi-même. Nous avons plusieurs frontières créatives car on a un emploi du temps serré, et je pense que ça aide beaucoup si tu peux arriver sur le plateau et juste faire ton truc. Je travaille de façon très technique et je regarde mon travail comme un charpentier. Plus j’en saurais sur les caméras et toutes les choses techniques, meilleur je serais. Votre véritable personnalité sera toujours plus ou moins visible dans le personnage que vous incarnez. 

Franzén : Cela fait vingt-cinq ans que je fais ce métier et j’ai incarné tout un tas de personnages différents dans des films, au théâtre, et bien sûr que tu apportes une part de toi à chaque fois. Après avoir joué ces personnages pendant trois ans, ils évoluent et ils passent par une variété d’émotions. Je pense qu’à un certain moment cela commence à vous affecter en tant que personne et vous commencez à vous rendre compte de ce que traverse le personnage. Cela devient plus facile de représenter certaines émotions. Si vous faites un film, et que vous avez six mois ou peut-être moins de temps pour vous préparer, cela vous affectera plus rapidement et ça peut être effrayant. Parfois c’est dur de vous sortir de cela car c’est si abrupt sur les effets que ça peut avoir sur vous.

Avez-vous déjà pensé à rapprocher vos familles du lieu de tournage ? Viennent-ils vous rendre visite ?

Franzén : Eh bien j’ai de la chance parce que je vis en Europe. Mais beaucoup d’acteurs et leurs familles vivent au Canada, ou aux États-Unis, donc forcément c’est un peu plus dur pour eux de rendre visite à leurs proches. Je peux au moins rentrer pour un week-end, mais nous ne sommes pas autorisés à rentrer si nous n’avons pas au moins trois jours de libre. 

Andersen : Je ne suis pas rentré chez moi depuis la mi-juillet. Parfois vous avez une semaine de libre et vous pouvez rentrer pour cinq jours environ. C’est réellement un sacrifice. Mais cela vient avec le prix de faire ce que l’on adore. Heureusement mes amis et ma famille viennent me voir et j’ai beaucoup de visites charmantes ici.
 

Quelle est votre chose favorite sur le tournage ?

Franzén : Pouvoir travailler avec ces gens merveilleux toute la journée. C’est un environnement familial génial. 

Andersen : Nous travaillons dans des conditions difficiles parfois et je pense que ça rapproche les gens de façon naturelle. On traverse les moments difficiles ensemble. Travailler de longues heures et retenir son texte peut être dur, donc on passe beaucoup de temps avec ces gens et collègues phénoménaux. C’est ce que j’adore avec cette série. Pouvoir travailler avec des gens qui m’inspirent.

En tant qu’acteur, qu’est-ce que cela fait de jouer un grand personnage comme Harald ?

Franzén : Harald est souvent une personne horrible. Il est montré comme un homme brutal et impitoyable. Mais il a aussi un côté sensible qu’il voudra montrer à l’amour de sa vie un jour. Le personnage de Harald est devenu un moyen de me libérer. À travers lui, je peux exprimer tout un tas d’émotions. En jouant Harald, c’est parfois horrible de se rappeler de certains événements qui sont arrivés à cette époque. Mais en tant qu’acteur, c’est notre devoir de rester fidèle au personnage même si le résultat n’est pas toujours plaisant.

La suite de la saison 5 de Vikings prévoit d’ores et déjà de grandes choses pour les personnages d’Ivar et Harald. L’un va devoir régner sur Kattegat et certainement affronter de nouveaux - ou de vieux - ennemis. Tandis que l’autre s’attaque à un gros morceau du royaume anglais. Reste à savoir s’ils survivront pour voir la saison 6.

Retrouvez la seconde partie de la saison 5 de Vikings tous les jeudis à l’heure US sur myCANAL, et tous les vendredis à 22H15 sur CANAL+ SÉRIES.