Cette série avec Benoît Magimel va vous glacer le sang
Quand une bande de chasseurs menée par Benoît Magimel devient la cible d’inconnus dans les Alpes… Entre polar et chasse à l’homme, la nouvelle série française d’APPLE TV démontre un savoir faire remarquable
TRAQUES : que la montagne est flippante...
Vous vous souvenez de DELIVRANCE, le film de John Boorman, qui a traumatisé une génération de spectateurs et de cinéphiles ? Dès les premières minutes de la nouvelle série événement d’APPLE TV, TRAQUE, ce douloureux souvenir risque de vous remonter à la mémoire. Et pour cause, il est question d’une bande de potes qui partent faire une virée en montagne qui tourne très vite au cauchemar. Cette fois-ci, il n’est plus question de descendre une rivière dans une vallée sur le point d’être submergée par un barrage mais d’une simple partie de chasse dans les Alpes. Seulement quand le groupe mené par Franck (Benoît Magimel) se fait tirer dessus sans raison apparente par d’autres chasseurs, l’un d’entre-eux est touché (Damien Bonnard) et ils ne peuvent que riposter.
Déboussolés par l’incident, ils décident d’en parler à personne, même pas à leurs familles. Malheureusement, il y a un mort de l’autre côté et les ennuis ne font que commencer pour ces cinquantenaires. A partir de ce moment-là, ils ont l’impression d’être suivis et menacés sans comprendre pourquoi d’autres chasseurs leur en veulent...

Une plongée dans une France invisible sur les écrans
A la tête de cette série spectaculaire à l’atmosphère asphyxiante, on ne s’étonne pas de retrouver Cédric Anger, le maître d’oeuvre des films LA PROCHAINE FOIS, JE VISERAI LE COEUR et L’AVOCAT, déjà avec Benoît Magimel. Rarement une série française – peut-être depuis LES REVENANTS sur CANAL+ - a aussi bien réussi à tisser un récit incrusté dans un territoire créant peu à peu une sorte de huis-clos en plein air.
Le jeu de Benoît Magimel, en patriarche et chef de clan à la fois chaleureux et inquiétant, y contribue largement, tout comme l’atmosphère rappelant les films de « vigilante » des années 80, retrouvée ici avec un certain plaisir. Les seconds rôles ne sont pas en reste : Damien Bonnard, dans la peau du copain peu fiable transformé en véritable bombe à retardement, et Mélanie Laurent, qui incarne la voix de la raison au milieu de cette masculinité toxique, livrent eux aussi des performances de haut vol.
La série parvient également, par petites touches, à esquisser un portrait d’une France invisible, celle des vallées oubliées où couve une violence silencieuse et où les tensions entre classes sociales restent palpables. On ne s’étonnera pas si, après sa diffusion, les promenades en forêt enregistrent une chute drastique…
