Si vous aimez LE BLAIR WITCH PROJECT et BLACK MIRROR, vous allez adorer cette série
En redonnant vie au genre du « found footage », la série LOST MEDIA convoque deux prestigieux aînés. Le film d’horreur le plus rentable de tous les temps et la série qui raconte dans notre basculement dans une nouvelle ère.
Plus fort que l’horreur, la fausse normalité, le détail qui rend fou
Certains en tremblent encore. En 1999, le cinéma mondial se prenait une énorme claque avec THE BLAIR WITCH PROJECT, un petit film sans grands moyens qui avec l’aide d’un simple caméscope révolutionnait le genre du film d’horreur et retournait le box-office. Et pour cause, c’était la première fois qu’on voyait des séquences effroyables aussi crédibles puisque simplement filmées par leurs victimes. C’est du moins ce que réussissait à faire croire le long-métrage entraînant à la surprise générale crises de panique dans les salles et lançant un nouveau genre cinématographique : le « found footage » prolongé depuis par des dizaines de films dont la franchise REC et PARANORMAL ACTIVITY. Une technique un peu tombée en désuétude depuis et qui est totalement réinventée par LOST MEDIA, la nouvelle série de Timothée Hochet et Lucas Pastor.
Les auteurs de CALLS, autre série au format aussi court que retentissant, ne se contentent pas en effet de « récupérer » des images d’un faits divers, de personnes filmées par un serial killer ou celle d’une randonnée qui finit mal mais, et c’est bien plus troublant, des images à priori tout à fait normales. Des séquences de caméra de surveillance filmant une jeune femme et son piano, l’enregistrement d’une émission de télé, un jeu télévisé, une leçon pour réussir son entretien d’embauche, un dessin animé oublié… Avec à chaque fois, caché dans le banal, un glissement vers l’anormal, l’occulte, le terrifiant révélant un trouble mental d’un des personnages.

L’art de transformer un enregistrement passé en cauchemar
Quel rapport avec BLACK MIRROR ? Si cette dernière montre un futur terrifiant, LOST MEDIA nous prouve que le mal est déjà présent autour de nous pour qui sait y prêter attention et même qu’il nous saute au visage dès qu’on observe notre passé. L’efficacité est la même : des épisodes courts, une mise en scène ultra efficace, des intrigues a priori très éloignées les unes des autres, des acteurs ultra crédibles et de la part des auteurs, une même perversité ou du moins un énorme plaisir à surprendre et effrayer le téléspectateur.
A l’inverse des séries qu’on peut regarder un œil sur son smartphone LOST MEDIA happe le spectateur qui va scruter le moment de bascule dans ces normalités qui n'en sont pas. Là, chaque seconde compte par exemple lorsque dans un des épisodes une carte noire apparaît au cours d’un tuturiel de magie sur Youtube ou quand un bêtisier de l’année part en live. Autrement dit, il est possible qu'après avoir vu LOST MEDIA on ne regarde plus jamais nos écrans de la même manière.
