SEX AND THE CITY vs AND JUST LIKE THAT : 10 différences majeures entre les deux séries
Elles ont troqué les Cosmopolitans contre des jus détox et les histoires d’un soir contre des bilans de mi-parcours. Si SEX AND THE CITY célébrait la trentaine libre et trépidante, AND JUST LIKE THAT… explore les méandres de la cinquantaine avec un regard neuf – et parfois déroutant. Entre nostalgie, évolution et ruptures de ton, voici les 10 différences majeures entre la série culte et son reboot.
1. De la quête de l’amour à la crise existentielle
À l’époque, Carrie, Charlotte, Miranda et Samantha jonglaient avec dates, dîners et dilemmes amoureux. Aujourd’hui, on parle ménopause, deuil, divorces, reconversion pro et quête identitaire. Moins de comédie romantique, plus de complexité – et un miroir tendu à une génération qui vieillit avec elles.
2. L’absence de Samantha, l’ombre d’un mythe
Samantha Jones n’était pas qu’un quatrième rôle : elle incarnait la liberté, le désir, l’humour sans filtre. Son absence, due au refus de Kim Cattrall de revenir, laisse un vide difficile à combler. Même évoquée par SMS, elle manque cruellement à la dynamique du groupe – et au cœur des fans. Beaucoup regrettent la disparition de cette audace et de cette énergie qui faisaient la saveur de la série originale.
3. Des sujets plus contemporains (et plus lourds)
Là où SEX AND THE CITY osait parler sexe, célibat et plaisir féminin sans complexe, AND JUST LIKE THAT plonge dans des thématiques sociales plus larges : transidentité, racisme, parentalité queer, privilèges, rapport au corps qui vieillit... Si ce virage est salué pour sa volonté d’actualiser la série, il est parfois jugé trop démonstratif, voire plaqué.

4. Une légèreté moins assumée
L’humour n’a pas disparu, mais il a changé. Plus feutré, parfois forcé, il cohabite avec un ton plus grave, presque introspectif. La série cherche moins à faire rire qu’à faire réfléchir – quitte à désarçonner les fans de la première heure. Le glamour et la légèreté, signatures de SATC, laissent place à une forme de mélancolie.
5. Une Charlotte qui s’émancipe, une Carrie qui piétine
Longtemps perçue comme la plus conservatrice du groupe, Charlotte surprend dans AND JUST LIKE THAT par son évolution : elle remet en question son rôle de mère, retrouve une ambition professionnelle, et s’autorise même quelques éclats inattendus. En miroir, Carrie semble moins évoluer : entre ses hésitations sentimentales, son retour vers Aidan et une tendance à fuir les vrais bouleversements, elle donne parfois l’impression de rejouer les mêmes scènes – vingt ans plus tard.
6. L’amitié mise à l’épreuve
Dans SATC, l’amitié était un refuge joyeux, un ciment. Dans AJLT, elle devient parfois source de malaise ou de distance. Moins de scènes toutes ensemble, plus de silences gênés. L’évolution de leurs relations reflète peut-être la vie... mais perd une partie de la magie et de la complicité qui faisaient le charme du quatuor.

7. Une diversité bienvenue, mais pas toujours subtile
La série tente de se rattraper après les critiques de manque de représentation. Che Diaz, Lisa, Seema... AJLT introduit une diversité réelle, mais parfois perçue comme forcée, peu naturelle. L’intention est là, la finesse pas toujours. Certains arcs narratifs semblent répondre plus à une volonté de cocher des cases qu’à une réelle intégration dans l’histoire.
8. La mode toujours reine, malgré le changement de styliste
Patricia Field n’est plus là, mais sa successeure Molly Rogers perpétue l’obsession stylistique de la série. Les tenues de Carrie continuent de fasciner. Moins inaccessibles qu’avant, mais toujours iconiques, elles occupent une place centrale, comme le montre And Just Like That… The Documentary, qui dévoile les coulisses de ces choix mode toujours très commentés.
9. Un format plus long, un rythme différent
Les épisodes de SATC suivaient un schéma précis : un article de Carrie, une problématique amoureuse, une punchline. AJLT dépasse les 45 minutes, prend son temps, multiplie les intrigues parallèles. Plus de matière, mais parfois moins de fluidité et de dynamisme, ce qui peut déstabiliser les spectateurs habitués au rythme effréné de la série originale.

10. Une sexualité plus ouverte… et mieux partagée
Dans Sex and the City, la sexualité était omniprésente – mais surtout centrée sur les hommes et vue à travers un prisme très hétéro. L’homosexualité y était plus décorative que vécue, et les personnages n’étaient pas tendres : on se souvient de Carrie moquant la bisexualité comme une "étape", ou d’un jugement rapide dès que ça sortait de leur norme. Sans être parfaite, la série offre un pas de côté important : on y voit des scènes de sexe entre femmes (notamment via Miranda), des personnages queer réellement incarnés, et une volonté de faire exister le désir autrement – plus intime, plus divers, et plus assumé. Toutefois, la sexualité, moins centrale et moins “libérée” qu’autrefois, reflète aussi l’évolution des héroïnes… et de la société.
And Just Like That… n’est pas la suite rêvée de Sex and the City, mais c’est peut-être celle qu’il fallait. Moins glamour, plus engagée, elle accompagne ses héroïnes – et ses spectateurs – dans une nouvelle ère, où grandir ne rime plus toujours avec éclat... mais avec vérité. Entre nostalgie et prise de risque, la série continue de faire parler d’elle – et c’est sans doute là sa plus grande réussite.



