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Une cam girl qui entre dans un pensionnat religieux : c'est quoi cette nouvelle série Ciné+ OCS ?

Il fallait oser consacrer une série sur une bande filles vivant dans un pensionnat religieux. C’est la réussite de PÉCHERESSES, une série Ciné+ OCS qui s’attaque à toutes les certitudes qu’on peut avoir sur la jeunesse et la religion.

Une rebelle entre au pensionnat et sème la zizanie

Si certaines séries se contentent de reproduire des recettes déjà vues à l’infini, d’autres s’attaquent bille en tête à des sujets difficiles. Et créent au passage d’étonnants personnages. C’est le cas de PÉCHERESSES, le petit bijou fabriqué par Charlotte Sanson qui raconte comment une bande de filles va semer le chaos et découvrir la sororité dans un établissement religieux. Dès les premières minutes, on sent que ce n'est pas une série comme les autres.

Cassidy, rebelle de 17 ans, se fait virer de la caravane familiale pour avoir posté des vidéos sur un site de camgirls alors qu’elle est encore mineure. En guise de punition, sa mère l'inscrit dans un internat catholique aux règles strictes. Pour la première fois, Cassidy (Léonie Dahan-Lamort) affronte une nouvelle forme d’autorité mais elle va surtout se faire de vraies amies. Mieux, elle va progressivement renouer avec la religion, tomber amoureuse d'une aspirante novice et faire entrer un garçon dans le foyer.

Et surtout y installer la fibre, ouvrant la boîte de Pandore : Internet dans le Royaume de dieu... Sexe, piratage, rébellion, rien ne sera épargné aux bonnes soeurs et en particulier à sœur Marie-Jacques, qui a, elle aussi, prévenu la nouvelle venue : « Des filles comme toi j’en ai vu passer des centaines... Tu feras pas la semaine. »

Une bande de filles qui apprend à se rebeller et à vivre ensemble

A travers le récit d’une émancipation, PÉCHERESSES raconte surtout à l’instar de l’excellente série britannique THE MISFITS comment la bande d’amies apprend à se créer leur propre code moral dans une société qui les écrase d’injonctions contradictoires. Oui, elles ont déçu leurs parents mais elles vont en contre-partie se recréer une nouvelle famille sur place et trouver leur voie. Ainsi, Cassidy, la plus rebelle, va aller à la rencontre de l’amour et de la spiritualité et faire l’expérience de la communauté, Malika ­(Rita Benmannana), la geek, va faire percer sa chaîne Twitch au risque d'ébranler son couple, MC (Ninon François) veut elle s’émanciper du rôle de fille sage dans lequel on l’a enfermée et proclame vouloir devenir « une salope ! », Gaspard fuit sa famille maltraitante et devient « Juliette » pour se rapprocher de Malika au sein du foyer.

On a rarement vu une telle galerie de portraits aussi étonnants et fouillés. Et surtout, une série s’intéresse enfin à ce qui se passe dans les couvents, ces lieux quasi secrets où vivent des profils très différents, jeunes filles fauchées, bourgeoises catholiques ou mineures ayant besoin d’être protégées. Selon des règles immuables : pas de cigarettes, pas d’alcool, pas d’animaux, pas de garçons, pas de sortie ni d’accès à internet après 20 heures. Soit, tout ce dont elles ont envie...