Le bonheur de la Terre est menacé : c'est quoi cette nouvelle comédie dramatique ?
Trois ans après avoir refermé l’univers de Walter White, Vince Gilligan signe avec PLURIBUS une fable de science-fiction aussi ironique qu’humaniste. Portée par Rhea Seehorn, l’héroïne de BETTER CALL SAUL, cette série Apple TV+ imagine un monde devenu trop heureux pour être vrai.
Un monde sans conflits
Et si la paix absolue devenait notre pire cauchemar ? C’est la question que pose PLURIBUS, la nouvelle création de Vince Gilligan. Le scénariste de BREAKING BAD et BETTER CALL SAUL retourne à Albuquerque (son décor fétiche) pour raconter la disparition du mal. Tout commence avec un signal venu de l’espace. En un instant, l’humanité entière sombre dans une félicité totale : plus de colère, plus de disputes, plus de peur. Sauf pour Carol Sturka, romancière désabusée et “personne la plus malheureuse du monde”, incarnée par Rhea Seehorn. Seule au milieu d’une planète radieuse, Carol refuse cette utopie forcée. « La vraie question, c’est : son malheur vaut-il la peine d’être défendu ? », résume Gilligan dans le New York Times, citant en clin d’œil BODY SNATCHERS.
Née d’une idée qui remonte à 2016, la série imagine les conséquences d’un monde devenu trop bienveillant pour être vrai. « Je me suis demandé : et si tout le monde se mettait soudain à être vraiment gentil ? », raconte Gilligan à Time Magazine. De cette provocation est née une fable existentielle où le bonheur universel devient une forme d’aliénation. Tournée entre le Nouveau-Mexique, les Canaries et l’Espagne, PLURIBUS combine satire sociale et science-fiction humaniste, portée par la mise en scène millimétrée du créateur de Walter White.

Rhea Seehorn, héroïne imparfaite d’un monde parfait
Rhea Seehorn retrouve son mentor pour un rôle à contre-courant. Son personnage, Carol, n’a rien d’une sainte ni d’une cynique : c’est une femme lucide, en résistance face à une société qui interdit la tristesse. « C’est une héroïne complexe, pleine de contradictions », confie Seehorn. En écrivant pour elle, Gilligan signe une évolution majeure : fini les anti-héros corrompus, place à une héroïne faillible mais sincère, qui choisit la lucidité plutôt que l’aveuglement.
PLURIBUS marque aussi un tournant personnel pour son créateur. « Je ne suis pas quelqu’un de particulièrement heureux », admet-il. « Mais j’ai fini par comprendre que ce mécontentement, c’est ce qui me pousse à créer. » Après la noirceur de BREAKING BAD et la culpabilité de BETTER CALL SAUL, Gilligan s’attaque cette fois au piège du bonheur absolu. Car, comme le dit Gilligan, « l’humanité reste une cause qui vaut la peine d’être défendue. »
