Les médias face à l'ère des deep fakes et de l'intox dans la série THE MORNING SHOW
Pour sa quatrième saison sur APPLE TV+, THE MORNING SHOW raconte comment les médias peuvent fabriquer des contre-vérités et être victimes de campagne de désinformation. Une menace démultipliée par la puissance de l’IA.
De nouvelles menaces technologiques brouillent la réalité
On peut regarder la création du showrunner Jay Carson pour les luttes de pouvoir entre Alex Levy (Jennifer Aniston) et Bradley Jackson (Reese Witherspoon), pour leurs histoires d’amour et leurs coucheries au moins aussi complexes ou se renseigner sur l’état des médias. Si THE MORNING SHOW est bien entendu une fiction, celle-ci renseigne en temps réel sur les soubresauts politiques, technologiques et économiques frappant les médias américains. Et dans la foulée leurs équivalents français.
Après avoir exploré le rachat de la chaîne UBA par un magnat de la tech (Jon Hamm) dans la saison 3, abordé l’assaut du Capitole dans la saison 2 et traité une affaire #MeToo dans la première, la saison 4 de The Morning Show s’attaque à un nouveau sujet brûlant : l’impact de l’intelligence artificielle et de la désinformation sur les médias.
Dès les premiers épisodes, la direction de la chaîne propose aux journalistes un outil de traduction en direct basé sur l’IA. Mais cette innovation soulève de vives inquiétudes : les reporters craignent de perdre le contrôle sur leurs propos, traduits automatiquement et diffusés à l’international sans filtre. Parallèlement, une autre menace se profile : UBN rachète le podcast de Brodie, un streamer ultraconservateur joué par Boyd Holbrook. Bien qu’il ne vérifie aucune information et se contente d’exprimer des opinions personnelles, sa popularité attire la chaîne. Celle-ci semble prête à tolérer ses dérives éditoriales au nom de l’audience, quitte à compromettre ses principes journalistiques.

Quand la presse a elle aussi un agenda politique
Autre sujet sensible : l’une des sources de Bradley, revenue sur le terrain après s’être éloignée de la chaîne, lui rapporte une catastrophe environnementale. Mais cette source pourrait en réalité être un deep fake, simulant la voix humaine. Dans ce cas, l’objectif ne serait pas de révéler un scandale, mais d’en créer un en accusant la journaliste et UBN de diffuser de fausses informations, à un moment où la chaîne est déjà fragilisée.
La série met également en cause le journalisme lui-même. Elle raconte comment un petit média, Eagle News, est soupçonné d’avoir orchestré une campagne de presse contre un avocat spécialisé en environnement, au point de le pousser au suicide. Autrement dit, les médias sont menacés non seulement par leur précarité financière, qui les rend vulnérables face à des propriétaires aux ambitions politiques, mais aussi par des technologies capables de brouiller la frontière entre le vrai et le faux, et par l’émergence de figures sans scrupules dans le paysage médiatique. Plus inquiétant encore : Alex et Bradley découvrent peu à peu que certains médias peuvent choisir de taire un scandale si sa révélation risque de nuire à leurs intérêts. Y compris les leurs…
