Le Sens des Choses : la nouvelle série Max adaptée d'un livre
Librement inspirée de Vivre avec nos morts (2021), la série Le Sens des Choses transpose l'univers de Delphine Horvilleur dans une fiction touchante et drôle. Comment les créateurs ont-ils travaillé avec la rabbine pour adapter son œuvre tout en préservant sa profondeur spirituelle ?
D’une méditation sur le deuil à la comédie dramatique
L'adaptation d'un livre sur l'accompagnement des mourants en série comique relevait du défi. "L'intuition, c'était que si on faisait une série de la façon la plus linéaire par rapport au livre, c'est-à-dire en mettant un enterrement par épisode, ça allait être un peu répétitif et puis un peu sinistre peut-être", confie Noé Debré, scénariste et co-créateur à France Info. Le format de 30 minutes, traditionnellement réservé aux comédies, devient alors un choix audacieux qui permet d'équilibrer gravité et légèreté. Une transformation qui reflète pourtant l'esprit même de l'œuvre d'Horvilleur, où les récits de deuil côtoient réflexions philosophiques et moments d'humanité partagée.

Une collaboration nourrie par une expérience réelle
Si le personnage de Léa n'est pas strictement autobiographique, il s'est construit dans un dialogue constant avec Delphine Horvilleur. "La méthode, ça a été d'inviter Delphine à déjeuner et de lui faire nous parler de son métier, de sa vie quotidienne. Elle a lu les épisodes, nous a fait des remarques. Ça a été vraiment une série écrite en dialogue avec elle", explique Noé Debré. Cette collaboration a permis aux créateurs de s'imprégner non seulement de l'œuvre écrite, mais aussi de l'expérience singulière d'une femme rabbin en France, dont le parcours atypique – des études de médecine au journalisme, avant l'ordination rabbinique en 2008 – transparaît subtilement dans la richesse du personnage principal.

L'universalité au cœur du projet
Malgré son ancrage dans la tradition juive, la série touche à des questions fondamentalement universelles. "Ce qui est formidable avec cette histoire, c'est qu'on va voir un rabbin quand on est confronté aux grandes questions de nos existences", souligne Debré. "Ce moment où on a un enfant, où on voit ses parents vieillir, où on doit se marier... c'est dans ces moments-là qu'on va voir Léa." Cette universalité fait écho aux mots mêmes de Delphine Horvilleur dans son livre : "Nous vivons tous avec des fantômes : ceux de nos histoires personnelles, familiales ou collectives." En situant l'action à Strasbourg, ville qui fait écho aux origines alsaciennes des grands-parents d'Horvilleur, la série crée un subtil pont entre fiction et réalité, tout en offrant un cadre visuel riche pour explorer ces grandes questions existentielles qui nous concernent tous et toutes.
Le Sens des Choses (MAX) est disponible sur myCANAL.



