Le mythe de Belphégor a-t-il existé ? La série d’HBO Max tente d’y répondre
Entre occultisme et archéologie, la figure du démon Belphégor revient dans la nouvelle série de HBO Max. Soixante ans après le feuilleton en noir et blanc, le mystère s’éclaircit un peu.
Un démon qui hante deux religions et la pop culture
Avant de plonger dans la nouvelle série BELPHÉGOR, inspirée du feuilleton qui avait terrorisé la France dans les années 60, il faut remettre les choses en perspective. Non, Belphégor n’est pas une invention récente ni même une création d’Arthur Bernède, ce romancier prolifique auteur de 243 œuvres, dont le roman policier de 1927 a servi de base au feuilleton original. Belphégor est en réalité une figure de la démonologie, connue depuis des siècles : le démon de la paresse dans la mythologie israélienne. Déchu du paradis, il devient dans la Torah le démon de la débauche et de la luxure, celui qui, dans le royaume de Moab, aurait perverti certains Hébreux sous la conduite de Moïse.
Dans la tradition chrétienne, Belphégor prend souvent l’apparence d’une jeune femme séduisante, inspirant à ses victimes des inventions ingénieuses censées les enrichir. Voilà pour son « CV officiel ».
Chez HBO Max, Belphégor est avant tout le fantôme du Louvre, une entité qui hante le musée. L’héroïne Hafsa Moreau (Shirine Boutella) le découvre lors d’un vernissage, sous la forme d’un masque mésopotamien exposé en vitrine. On lui explique qu’il s’agit d’une représentation du dieu de l’orage, Baal Phegor. Fascinée puis obsédée par ce visage, Hafsa ne parvient pas à l’oublier. Peu à peu, elle perd la mémoire et se retrouve impliquée dans des vols inexpliqués… jusqu’au jour où elle retrouve le masque chez elle.

Et si Belphégor faisait aussi du bien ?
Fantôme égyptien dans le feuilleton en noir et blanc, créature mésopotamienne millénaire en 2025, Belphégor traverse les époques et les formats : histoire publiée en 59 épisodes dans la presse il y a un siècle, roman populaire, film en 2001, dessin animé, série… Belphégor, c’est avant tout un masque, capable de changer de forme et d’époque pour hanter une autre.
Dans la série HBO Max, son pouvoir est redoutable : il possède celle qui le contemple et la pousse à commettre des actes réputés impossibles, sans qu’elle en garde le moindre souvenir. Comme s’emparer du métal prodigieux de Paracelse ou du trésor des Rois de France, selon les différentes versions.
Si, à ses débuts dans la fiction française, la créature était liée à l’occultisme et aux forces obscures, la légende s’est peu à peu rapprochée des zones mystérieuses de l’inconscient. Dans la nouvelle série, le masque pourrait bien révéler des secrets enfouis chez Hafsa : son rapport à l’art – elle est restauratrice –, à son père (Kad Merad) et à son enfance. En somme, Belphégor n’est plus seulement le fantôme qui cache et vole, mais celui qui dévoile…
