La série UN PROPHÈTE a-t-elle vraiment été tournée en prison ?
La série événement de CANAL + raconte la survie de Malik, un jeune Mahorais dans la prison des Baumettes à Marseille. UN PROPHETE nous plonge dans une atmosphère carcérale asphyxiante plus vraie que nature.
Des Baumettes à une fac oubliée dans les Pouilles en Italie
A ceux qui comme nous auraient juré que oui, la série UN PROPHÈTE adaptant le célèbre film de Jacques Audiard, a bien été tournée dans l’établissement pénitentiaire des Baumettes à Marseille, il faut répondre que non. Le bâtiment usé, la cour de promenade bien flippante, les couloirs glauques, les cellules fatiguées sans parler des prisonniers à la mine patibulaire, tout semble plus vrai que nature et pourtant, la série n’a pas tournée là-bas ni même dans une véritable prison.
Il s’agit bien d’un établissement pénitentiaire reconstitué, comme l’avait déjà fait la production de Jacques Audiard pour le film original. Cette fois, l’équipe a choisi de construire un nouveau bâtiment en Italie, dans la région des Pouilles. Ce lieu offrait notamment la lumière très particulière de la côte méditerranéenne. Pour l’architecture, les créateurs se sont inspirés de deux prisons françaises : celle de Marseille et celle de Grasse.
Une prouesse technique qui a permis à Sami Bouajila, l’interprète de Massoud, le promoteur immobilier véreux lui-aussi enfermé à l’intérieur, de s’appuyer sur le décor pour traduire à l’écran le poids que fait peser le lieu sur les protagonistes : « Le décor a vraiment été un atout pour nous. La production avait trouvé une immense université laissée en chantier. Il y avait une grande cour intérieure, entourée de bâtiments, qui a servi de cour de prison. Dans les sous-sols et certaines extensions, ils ont recréé tout le reste des décors. Finalement, on est restés là plus de deux mois, à tout tourner au même endroit, avec Enrico le réalisateur et toute l’équipe, et ça nous a vraiment portés. »

L’art de construire un lieu de tournage capable d’inspirer les acteurs
Le constat est identique pour Mamadou Sidibé qui joue le héros de la série, Malik El Djebenna : le nouveau lieu a eu un énorme effet sur les acteurs : "Franchement, le décor était magnifique. Quand je suis arrivé, on ressentait immédiatement l’atmosphère carcérale. Même dans les cellules, c’était sombre, presque glauque. Du coup, ça facilitait beaucoup le jeu ». Un coup de maître qui explique notamment l’effet claustrophobique que peut avoir la série sur les téléspectateurs.
Le réalisateur italien, Enrico Maria Artale, a également employé des figurants trouvés à proximité pour jouer certains prisonniers, notamment des immigrés vivant dans la région. Ce qui donne encore plus de crédibilité à l’atmosphère pesante du lieu et aux échanges de regards entre le héros perdu à son arrivée et les prisonniers. Avec l'aide de Rony Lahoud, le bibliothécaire, il gagne peu à peu en confiance. A tel point qu'il devient rapidement un expert des rapports de force et des guerres des clans qui se jouent en silence dans l’établissement. La prison reconstruite s’inspire de la fameuse. Cependant, elle reprend aussi la figure mythique du labyrinthe où le héros ne peut se sortir qu’en affrontant le maître des lieux.
