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La série TRAQUÉS est-elle inspirée d’une histoire vraie ?

Quand une bande de chasseurs menée par Benoît Magimel devient la cible d’inconnus dans les Alpes… Cette histoire entre polar et chasse à l’homme au centre de la nouvelle série française d’APPLE TV semble plus vraie que nature.

Que la montagne est flippante...

Le problème avec les séries bien faites, bien ancrées dans un territoire et avec de bons acteurs, pas tous connus, c’est qu’on y croit vraiment à fond… C’est le cas de TRAQUÉS qui raconte comment un groupe de copains chasseurs mené par Franck (Benoît Magimel) se fait tirer dessus sans raison apparente par d’autres chasseurs dans une vallée des Alpes. Filmée quasiment comme un documentaire, cette séquence, de l’avancée des camarades qui forcent un peu sur la bouteille jusqu’à l’attaque sonne particulièrement juste. Costumes, visages, dialogues, armes, tout sonne authentique. Notamment lorsque l’un d’entre-eux (Damien Bonnard) est touché par ablle. Par réflexe, ses camarades ripostent puis déboussolés par l’incident, ils décident de n’en parler à personne. Malheureusement, il y a un mort de l’autre côté et les ennuis ne font que commencer pour ces cinquantenaires.

Dès lors, ils ont l’impression d’être suivis et menacés sans comprendre pourquoi d’autres chasseurs leur en veulent à ce point. Le cauchemar ultra-réaliste aux faux airs de "true crime" ne fait que commencer et chaque famille va être touchée par une vague de violence dans cette vallée particulièrement calme où tout le monde se croyait en sécurité. Bien qu’elle ne s’inspire pas d’un faits-divers s’étant réellement produit - alors que les accidents de chasse sont régulièrement mis en avant dans l'actualité -, la série parvient à reproduire avec justesse l’atmosphère saturée de tension des vallées oubliées où différentes couches sociales se regardent en chiens de faïence.

Une atmosphère digne des meilleurs thrillers filmés en pleine nature

Parfois, la fiction quand elle sait être concrète et crédible peut sembler plus vraie que la réalité. Ainsi, la série de Cédric Anger rappelle aussi l'atmosphère des meilleurs films sur les justiciers des années 70 et 80. Le téléspectateur bascule progressivement dans une ambiance asphyxiante à laquelle le monde du cinéma et de la télévision ne nous avait pas habitué depuis très longtemps.

Benoît Magimel, en meneur d’hommes et chef de clan, trouve-là un de ses tout-meilleurs rôles, tout en sympathie, assurance presque toxique et violence rentrée, bien aidé par Mélanie Laurent qui incarne son épouse et la voix de la raison. Autour de lui, ses camarades joués par Damien Bonnard, le copain pas fiable et par Manuel Guillot, véritable bombe à retardement, sont eux aussi plus vrais que nature. Le mécanisme de paranoïa et de violence qui s’empare un à un des hommes du groupe est orchestré de main de maître par Cédric Anger. Rarement une série française - peut-être depuis LES REVENANTS sur CANAL+ - a aussi bien réussi à tisser un récit incrusté dans un territoire au sein d’une sorte de huis-clos en plein air.