THE MAYOR OF KINGSTOWN : une saison 4 à la hauteur de nos attentes ?
Pour sa quatrième saison, la série sur une famille mafieuse revient sur Paramount+. Encore une fois, Jeremy Renner excelle en chef de clan qui doit sauver son frère au milieu d’une guerre des gangs.
Un thriller sombre et glacé qui prend au tripes
C’est un des bijoux qui depuis quelques années passe régulièrement sous les radars des sériphiles. Cette quatrième saison prouve une fois de plus qu’avec THE MAYOR OF KINGSTOWN, nous sommes face à un des meilleurs polars de la télévision contemporaine.
Tout d’abord, on est est happé par l’ambiance poisseuse du programme. Tous les personnages évoluent dans le même univers : une petite ville du Nord des Etats-Unis qui rassemble sept établissements pénitentiaires et dehors, autant de candidats pour y entrer ou surveiller ceux qui sont à l’extérieur. Ainsi, on devine que chaque regard, chaque décision et chaque parole des protagonistes peut déclencher une guerre entre clans rivaux – ce qui à chaque saison ne manque pas d’arriver. Il faut ajouter à l’ambiance, le froid du Michigan, la neige, l’humidité, les couloirs sombres, en un mot, on est très très loin de la Californie.
Autre avantage, la série lancée en 2021 se concentre sur la destinée d’une famille, les McLusky qui comme tout clan se trouvant au sommet de la pyramide de la mafia est régulièrement frappée par le malheur. Ainsi, Mitch McLusky (Kyle Chandler), le fils aîné qui dirigeait le clan depuis la mort du père, a été tué au cours de la première saison et c’est Mike (Jeremy Renner) qui devient le « maire » de la ville, soit le chef de la pègre locale. Dans la saison 4, c’est le petit dernier, passé chez dans la police (bein entendu corrompue), qui est envoyé en prison où il risque d’être immédiatement éliminé. Autrement dit, les scénaristes ne laissent aucun répit aux téléspectateurs. Mettre les pieds à Kingstown, c’est craindre pour sa vie et celle de ses héros préférés.

En creux, une critique de l’Amérique contemporaine
La série de Paramount+ vaut également pour la renaissance de son acteur principal, Jeremy Renner. Quand est survenu son accident de dameuse qui l’a laissé pour mort entre les saisons 2 et 3, les fans ont longtemps cru que la série serait annulée. Et pourtant, après de multiples opérations et une longue convalescence, l’acteur a repris son rôle, certes abîmé physiquement mais totalement dans la lignée de son personnage qui survit à toutes les trahisons et coups du sort. Certains dialogues ont même parfois un double sens.
Enfin, comme souvent avec les séries créées par le showrunner Taylor Sheridan, derrière le divertissement cuisiné aux petits oignons, un véritable discours sur la société américaine se déploie. Et comme dans son autre série LANDMAN, le Texan dresse un tableau pessimiste : Kingstown est une version miniature du pays, un lieu où les institutions sont corrompues, où des clans sans foi ni loi se partagent le pouvoir, avec à sa tête un violent truand prêt à tout pour défendre sa famille… Autrement dit, le triomphe de la loi du plus fort.
