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HIJACK saison 2 : le thriller sous terre peut-il vraiment rivaliser avec l'avion de la saison 1 ?

En troquant l’avion de sa première saison contre une rame de métro berlinois, HIJACK s’attaque frontalement à un sous-genre très codifié : le thriller qui prend place dans les transports en commun. Un terrain déjà balisé par le cinéma et, plus rarement, par les séries, et où tout repose sur un équilibre fragile entre vitesse, claustrophobie et gestion du temps. La saison 2 réussit-elle à s’inscrire dans cette tradition ? Si HIJACK ne réinvente pas totalement le genre, elle comprend parfaitement ce qui fait fonctionner ce type de récit.

HIJACK : vitesse, huis-clos et compte à rebours

Depuis la sortie de SPEED voilà plus de 30 ans avec son histoire de bombe posée dans un bus lancé à toute allure, le thriller "transport en commun" fonctionne comme une équation simple : un véhicule, une règle et une menace qui empêche l'arrêt de l'engin. Le concept a depuis été décliné de manière plus conceptuelle avec THE COMMUTER (2018), où le trajet domicile-travail devenait le cœur même du piège. Et côté séries ? Le champ s'avère plus étroit. NIGHTSLEEPER (2024) a récemment tenté une transposition très directe du modèle du “temps réel” sur un train de nuit, tandis que SNOWPIERCER (2020) utilisait le train comme un espace politique permanent, davantage métaphorique que strictement un outil de suspense.

La saison 2 de HIJACK (2026) se situe à la croisée de ces influences. Le métro — et plus précisément une rame de la ligne U5 à Berlin — impose un espace contraint, mobile, mais moins spectaculaire qu’un avion ou qu’un train lancé à pleine vitesse. Un choix qui recentre mécaniquement le récit sur la tension psychologique plutôt que sur l’action brute.

Un thriller du déplacement maitrisé

Ce qui distingue HIJACK de nombre de ses prédécesseurs, ce n’est pas tant son concept que son exécution. La série refuse la surenchère permanente : pas de course folle ni de cascades répétées, mais une montée progressive de la paranoïa. Le métro devient un amplificateur de stress, un espace de promiscuité où chaque regard, chaque silence et chaque micro-événement peut être interprété comme une menace.

Cette retenue fonctionne d’autant mieux que Sam Nelson n’est plus le même personnage. Traumatisé par les événements de la saison 1, il arrive à Berlin avec un passé qui pèse et une implication désormais bien plus active dans la crise (voir les 3 premiers épisodes pour son évolution en zone grise). Le co-créateur et co-réalisateur Jim Field Smith l’a d'ailleurs formulé sans ambiguïté : "Sam n’est plus seulement un passager embarqué malgré lui, mais un acteur central d’une situation plus trouble et plus complexe". Ce déplacement du point de vue évite à HIJACK l’écueil du simple recyclage conceptuel et installe une tension moins mécanique, mais clairement plus inconfortable.

En bref, là où SPEED reposait sur l’urgence pure et L'ATTAQUE DU METRO 123 (2009, avec Denzel Washington et  John Travolta) sur la logique de la rançon et du bras de (chemin) de fer frontal, HIJACK choisit une voie intermédiaire : un thriller en temps contraint où la peur naît moins de la vitesse que de l’incertitude. Comparée à SNOWPIERCER, la série reste volontairement modeste dans ses ambitions symboliques, mais gagne en précision, en lisibilité et en efficacité immédiate.

La saison 2 de HIJACK ne cherche donc pas à redéfinir le thriller à huis clos mobile. Elle fait mieux que ça : elle en comprend les leviers, en élimine les automatismes les plus voyants et privilégie la tension à bas bruit plutôt que l’agitation spectaculaire. La preuve qu’un thriller du déplacement peut encore tenir le spectateur en apnée… sans appuyer en permanence sur l’accélérateur.