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La fin de THE HANDMAID’ S TALE (LA SERVANTE ECARLATE) laisse une trace indélébile

L’ultime épisode d’une dernière saison en forme d’apothéose

Et voilà, nous faisons face à la conclusion d’une des plus terrifiantes sagas que la télévision ait jamais produite. Avec le dixième et dernier épisode de la saison 6 diffusé le 27 mai, la porte de la dystopie inventée par l’autrice Margaret Atwood vient de se renfermer. Et nous ne sommes pas prêts de nous en remettre. Comme les autres, cette saison a été éprouvante et aura apporté son lot d’aventures et de surprises. Dès le premier épisode, le téléspectateur a découvert que face à l’adversité, les ennemies d’hier, June (Elizabeth Moss), pilier de la rébellion contre l’empire de Gilead et son contraire, Serena (Yvonne Strahovski) son ancienne maîtresse, pouvaient s’allier le temps d’un épique voyage en train vers le Canada. Par la suite, on a vu comment le territoire de New Bethlehem pouvait incarner un contre-pouvoir face à la toute-puissance de Gilead, comment une trahison bousculait des certitudes qu’on croyait définitivement acquises et comment les cérémonies les plus grandioses pouvaient être mises à mal. Dans un final époustouflant, la dictature religieuse apparaît pour ce qu’elle est derrière son décorum : une société au bord de l’explosion.

Elizabeth Moss, un souffre-douleur au firmament des actrices

Sans trop en révéler, on peut parier qu’un certain nombre d’adeptes de la série seront soulagés par sa conclusion. C’est que de mémoire de fan de série, aucune création n’a infligé autant de sévices à son personnage principal, en l’occurrence June Osborne/Defred, la fameuse « servante écarlate ». De son passage par le Centre Rouge aux viols à répétition par son maître, le commandant Fred Waterford, d’une scène de pendaison au simple fait de voir quelques instants sa fille Hannah sans pouvoir lui parler, rien ne lui a été épargnée. C’est qu’elle incarne à la fois les souffrances qu’impose le régime de Gilead à toutes les femmes et le besoin d’y résister. Au passage, l’actrice Elizabeth Moss révélée à ses débuts par une autre extraordinaire saga MAD MEN dans laquelle elle jouait une jeune femme évoluant elle-aussi dans un monde hostile, acquiert sans doute le statut de meilleure actrice du monde sériel.

Un brûlot politique inégalé

Cette conclusion met fin à près de dix ans de composition d’une fresque politique inégalée. Si lors de la parution du premier livre en 1985, l’autrice s’était inspirée de différents épisodes de maltraitance des femmes dans l’Histoire et aux quatre coins de la planète, depuis la diffusion de la saison 1 pendant le premier mandat de Donald Trump aux Etats-Unis et cette dernière saison pendant son retour à la Maison Blanche, la mécanique du système que dénonce la série se met progressivement en place. Faisant de THE HANDMAID’ S TALE non plus une dystopie mais un programme préfigurant un terrifant futur possible voire le projet des tenants d’un régime dictatorial masculiniste.

L'intégrale des six saison de THE HANDMAID'S TALE (LA SERVANTE ECARLATE) est disponible sur Ciné+ OCS avec CANAL+.