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HIJACK saison 2 : Idris Elba est-il le Jack Bauer des années 2020 ?

Avec son récit en temps réel et son suspense “heure par heure”, HIJACK a souvent été comparée à 24H CHRONO : même course contre la montre, même sensation de crise permanente, même héros qui doit improviser pendant que l’État s’agite au-dessus. La saison 2 pousse encore ce parallèle… tout en déplaçant le terrain de jeu : après l’avion, Sam Nelson (Idris Elba) tente cette fois de reprendre le contrôle d’une rame du métro berlinois.

HIJACK : un thriller contre la montre

La comparaison entre les deux séries produites à 22 ans d'intervalle ne tombe pas du ciel : de nombreux médias américains présentaient déjà HIJACK comme une sorte de 24 HEURES CHRONO version Apple TV. Et il est vrai que les points communs sautent aux yeux : narration en temps réel, tension continue, décisions prises sous pression, et cette mécanique du “chaque minute compte”.

La saison 1 collait même à une équation très 24 HEURES CHRONO : 7 heures / 7 épisodes. Mais Sam Nelson n’est pas Jack Bauer : il ne sort pas d’une unité antiterroriste, il n’a pas de badge, pas d’équipe, pas de “licence” morale pour faire le sale boulot. Là où Bauer était un outil de l’État (et parfois un bulldozer), Sam s'avère être un avocat de la finance doué dans les négociations musclées. Il ne “neutralise” pas : il temporise, il observe, il manipule au besoin — et, surtout, il doit convaincre des gens qui n’ont aucune raison de lui faire confiance. Un principe renouvelé dans cette saison 2.

Un tramway nommé désastre

La saison 2 garde la logique du piège, mais change la texture : moins conçue comme une suite de DIE HARD, et plus pensée comme un thriller psychologique souterrain. L'approche est plus claustrophobe et plus sombre, avec une tension qui s’installe avant de frapper (voir la fin de l'épisode 1, Signal). Et le décor fait tout : une rame, des portes qui se referment, des tunnels, des annonces qui deviennent des menaces. L’action est cette fois située sur la ligne U5 du métro berlinois (qui existe vraiment).

Autre différence majeure : la série ne repart pas de zéro. Sam, logiquement traumatisé par la saison 1 et ses secousses aériennes, est hypervigilant au point de voir des signaux partout. Et les scénaristes, peut-être influencés par LE BUREAU DES LÉGENDES, semblent s'amuser à dessiner un thriller plus “gris” où les rôles gentils/méchants sont moins lisibles.

Produite par 60Forty Films et Idiotlamp, la saison 2 rejoue donc la partition avec Idris Elba au centre — Sam Nelson, négociateur qui n’a pas demandé à rempiler — et le retour d’Archie Panjabi (Zahra Gahfoor), qu’on associe forcément à THE GOOD WIFE et, plus récemment, à SNOWPIERCER. Autour d’eux, Toby Jones (vu dans EMPIRE OF LIGHT), Lisa Vicari (la révélation de DARK, et aussi DJANGO), Clare-Hope Ashitey (très identifiée à DR FOSTER) et Christiane Paul, repérée notamment dans la série PARLEMENT.

Un beau casting et une certitude : oui, la filiation avec 24H CHRONO est assumée (le temps réel et la pression restent l’ossature). Mais là où 24H CHRONO fantasmait le héros “inusable”, HIJACK parie sur un héros compétent… qui doute, flanche, interprète trop de signaux mais avance quand même. Et si, en 2026, le nouveau Jack Bauer c'était justement celui qui tient debout sans jouer au surhomme ?