« Engrenages » : les raisons d’un succès français
Avec un International Emmy Award de la meilleure série dramatique en 2015, la première Création Originale de CANAL+ (2005) cartonne en France comme à l’étranger. Quelles sont les recettes de cette série que le monde nous envie ?

Une des forces d’Engrenages, c’est sa distribution. Pas de chaises musicales ici : les comédiens restent, saison après saison. À commencer par Caroline Proust (la capitaine cabossée Laure Berthaud), qui tient la baraque, aux côtés de Thierry Godard (« Gilou ») et Fred Bianconi (« Tintin »).

Bref, pas forcément des superstars, mais des acteurs qui habitent leurs personnages et les ont façonnés avec talent durant des années. Comme Audrey Fleurot, qui incarne Maître Joséphine Karlsson avec un jeu tout en froideur, ou Philippe Duclos, l’attachant juge Roban.
 

Policiers au bout du rouleau
 

Car une autre des particularités de la série est la psychologie des personnages. Aucun n’est lisse, et surtout, aucun n’est parfait. Au bout du rouleau, les policiers comme les avocats enchaînent les gaffes, flirtent avec la ligne blanche, ne font pas ce qu’on attend d’eux. Bref, des personnages complexes et très humains qui peuvent prendre leur ampleur grâce à une écriture au cordeau. Les auteurs s’inspirent de faits réels. Pour la saison 7, il s’agit notamment de l’affaire de blanchiment dite « Fièvre jaune », entre des grossistes chinois d’Aubervilliers et des barons marocains de la drogue.
 

Pour plus de réalisme, des consultants (policiers, avocats, magistrats…) veillent au grain depuis le début, conseillant scénaristes et réalisateurs et coachant les acteurs. Ils interviennent dès qu’ils tiquent sur un détail.

Leur expertise sert à éviter toute invraisemblance, et le scénario se nourrit de leurs expériences. Pour autant, Engrenages n’idéalise pas les forces de l'ordre : on les voit parfois se servir lors d’une perquisition … 
 

Il s’agit aussi de trouver un équilibre entre le souci de réalisme et le « romanesque ». Pas question par exemple de faire une « planque » qui durerait 5 épisodes et où il ne se passerait rien, comme cela doit souvent se passer sur le terrain…

Résultat, une série réaliste et passionnante, qui plus est tournée en décors naturels bien reconnaissables, entre Paris et la banlieue. On s’y croirait vraiment !
 

Engrenages, saison 7, une Création Originale de 12 épisodes de 52 minutes, prochainement sur CANAL+.