Emilia Clarke est « une personne sans intérêt » dans cette nouvelle série d’espionnage sur HBO Max
PONIES arrive enfin en France grâce à HBO Max (et via les offres CANAL+). Portée par Emilia Clarke et Haley Lu Richardson, cette série est une bonne surprise dans le genre de l’espionnage, offrant une immersion étonnante dans le Moscou des années 1970.
PONIES, nouvelle série d’espionnage en pleine Guerre froide
Près de dix ans après la fin de THE AMERICANS (2013-2018), l’URSS et les États-Unis s’affrontent à nouveau à l'écran par espions interposés dans PONIES. Seulement, si la série de FX (diffusée à l'époque sur CANAL+) mettait en scène des agents du KGB infiltrés en territoire américain, la nouvelle production de Peacock en propose une inversion.
L'intrigue de PONIES se déroule dans la seconde moitié des années 1970, en plein cœur de Moscou. C’est là que sont installées Bea (Emilia Clarke) et Twila (Haley Lu Richardson), deux épouses d’agents de la CIA qui travaillent officiellement comme secrétaires à l'ambassade américaine.
Toutes deux savent pertinemment ce que leurs époux font réellement et connaissent les dangers liés à leurs postes. Elles se retrouvent pourtant totalement prises au dépourvu lorsque le chef de station, Dane Walter, leur annonce la disparition brutale de leurs maris dans un accident d’avion.

De secrétaire à espionne, il n’y a qu’un pas
Bea et Twila sont alors renvoyées aux États-Unis et sommées de reprendre une vie normale, loin des secrets d’État. Mais désireuses de découvrir la vérité sur cet étrange accident, les deux veuves parviennent à convaincre Dane de les ramener à Moscou pour en faire de véritables agentes infiltrées.
De prime abord, l'idée peut paraître absurde et hautement improbable. Pourtant, Bea et Twila disposent d'un argument imparable à cette époque : qui irait soupçonner deux femmes d’avoir d'autres responsabilités que celles de simples secrétaires ?
Finalement, malgré leur manque flagrant d’expérience, ces deux ponies (« personnes sans intérêt » dans le jargon de l’espionnage) pourraient bien devenir le meilleur atout de la CIA pour infiltrer le KGB.

Une alchimie parfaite entre Emilia Clarke et Haley Lu Richardson
On doit PONIES à David Iserson, scénariste notamment sur MAD MEN ou RUN, et à Susanna Fogel, réalisatrice de la comédie L'ESPION QUI M'A LARGUÉE. Un duo qui sait y faire pour recréer l’ambiance des années 1970 tout en adoptant un ton à la frontière parfaite entre le drame et la comédie.
Dès les premiers instants, on plonge dans l'époque grâce à une esthétique vintage soignée. C'est ainsi qu'on découvre Emilia Clarke, l’actrice britannique révélée par GAME OF THRONES, s’adresser dans un russe impeccable à une vendeuse de rue au début du premier épisode. En pleine négociation pour une boîte d'œufs, elle est rapidement rejointe par Haley Lu Richardson (THE WHITE LOTUS, saison 2), dont l’accoutrement et l'attitude contrastent immédiatement.
D’un côté, Bea est une femme au foyer typique de l’époque qui tente de se fondre dans la masse. De l’autre, Twila est une jeune femme énergique et indépendante, qui n’a pas peur de se faire remarquer par son style très américain. Malgré leurs différences, l’alchimie entre les deux comédiennes ne fait pas de doute et leur entente apparaît évidente.

Une série sérieuse ponctuée de moments de légèreté
Ce contraste permanent entre les deux héroïnes apporte une vraie fraîcheur au récit. Ce sont d'ailleurs leurs caractères diamétralement opposés qui vont faire d’elles des agentes parfaitement complémentaires sur le terrain.
Pour autant, PONIES reste une série d’espionnage sérieuse, qui mise davantage sur la tension psychologique et le suspense que sur l’action pure (malgré une course-poursuite efficace en guise d’ouverture). C’est précisément l’amateurisme de Bea et Twila qui crée une inquiétude constante à chaque fois qu'elles croisent un membre du KGB, à commencer par le terrifiant Andrei Vasiliev. Et on ne révélera pas ici les moments dramatiques qui n’épargnent pas l’audience.
Composée de huit épisodes, cette première saison se distingue par son originalité et sa fidélité historique, s'offrant même le luxe de faire apparaître de vraies figures de l'époque (comme George H.W. Bush lorsqu’il dirigeait la CIA). Déjà très bien accueillie par la presse outre-Atlantique lors de sa diffusion originale sur Peacock, PONIES a désormais toutes les cartes en main pour séduire les abonnés en France.
