Aller au contenu principalAller à la recherche

Vous aimez SLOW HORSES vous allez adorer DOWN CEMETERY ROAD

Après la série SLOW HORSES, Apple TV+ propose une nouvelle adaptation de romans de Mick Herron. Cette fois-ci, les espions laissent place aux détectives et ces derniers sont tout aussi ingérables.

Le versant féminin de SLOW HORSES ?

Vous avez aimé l’humour loufoque et terriblement anglais des cinq saisons de SLOW HORSES ? Ça tombe bien, une nouvelle série inspirée des romans de Mick Herron débarque, et c’est toujours aussi affûté que déjanté. Avant de se délecter à raconter les péripéties d’une bande de bras cassés des services secrets britanniques, Mick Herron s’est penché sur une enquêtrice hors normes : Zoë Boehm. À l’écran, elle prend vie sous les traits d’Emma Thompson, qui s’amuse visiblement à bousculer son image bien sage. À ses côtés, on retrouve Sarah Tucker, une autre femme à la frontière du chaos, incarnée par Ruth Wilson, révélée dans la série Luther.

Fidèle à l’univers de Mick Herron, le scénario semble d’abord anodin, avant de dévoiler, épisode après épisode, une mécanique narrative aussi retorse qu’imprévisible. Dans un quartier résidentiel d’Oxford, une explosion au gaz tue une famille. Une voisine commence à enquêter sur les causes de l’accident et sur l'étrange disparition de l’enfant du couple défunt. Bien sûr, l’affaire est plus complexe que les autorités et la presse veulent bien le croire et Sarah comprend vite que son investigation provoque des remous. Alors qu’un homme mystérieux commence à la suivre et que la police refuse de l’aider, elle décide de faire appel à une agence de détectives.

Quand deux femmes borderline s’allient pour sauver un enfant

Il y aurait déjà là de quoi réaliser un très bon thriller mais c’est sans compter sur le grain de folie propre aux personnages créés par Herron. La détective privée en question n’est autre que Zoë Boehm, une sorte d’élégante punk qui à 50 ans passés ne se soumet à aucune autorité – surtout pas celle de son mari qui gère tant bien que mal l’agence. Son association avec la voisine, une restauratrice de tableaux qui semble avoir un don pour repérer le vrai du faux, va se révéler explosive d’autant plus qu’au gré de l’intrigue, elles s’introduisent dans des milieux politiques, diplomatiques et militaires où les hommes en charge appartiennent tous à la même caste. Celle où il faut faire le moins de vagues possible. Encore une fois, les seconds rôles sont particulièrement bien écrits et interprétés, notamment celui du mari enquêteur par Adam Godley et celui de l’homme de main du gouvernement par Adeel Akhtar.

Comme dans SLOW HORSES, il est difficile de savoir quel personnage est le plus incompétent et le plus drôle. Si cette enquête pour retrouver un enfant disparu est souvent hilarante, elle n’en reste pas moins mortelle car les cadavres s’accumulent sur le chemin des deux investigatrices. La raison d’État aura-t-elle raison des deux détectives ingérables ?