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Après STRANGER THINGS, cet acteur brille dans cette nouvelle série HBO MAX

Avec STRANGER THINGS et maintenant DTF ST. LOUIS, David Harbour s’impose comme le spécialiste des hommes cabossés, paumés mais profondément attachants, qui portent sur leurs épaules tout le poids du monde. Entre Jim Hopper, flic brisé de Hawkins, et Floyd, père de famille en crise dans la nouvelle mini série HBO Max, l’acteur confirme qu’il sait mieux que personne jouer ces mecs à la dérive qui finissent par nous fendre le cœur.

De Jim Hopper à Floyd dans DTF ST.LOUIS : deux hommes perdus, deux figures

Dans STRANGER THINGS, David Harbour incarne Jim Hopper, chef de la police de Hawkins, ancien flic de New York et vétéran marqué par la mort de sa fille et un divorce qui l’a laissé seul, alcoolique et désabusé, dans une petite ville où “il ne se passe jamais rien”… jusqu’à l’affaire Will Byers. Derrière le cliché du flic bourru des années 1980, la série révèle un homme prêt à affronter un laboratoire secret, des monstres venus du Monde à l’envers et l’armée pour sauver des gamins qui ne sont pas les siens. Peu à peu, Hopper devient le père de substitution d’Eleven, et sa trajectoire de type brisé qui réapprend à aimer fait de lui l’un des personnages les plus aimés de la série.

Dans DTF ST. LOUIS, David Harbour retrouve ce registre de l’homme paumé mais dans un décor très différent : la banlieue résidentielle contemporaine de Saint‑Louis. Il y joue Floyd, un interprète en langue des signes, mari fatigué et beau‑père maladroit, qui se sent de plus en plus étranger dans sa propre maison et dans son corps. Un loser adorable qui se met à pleurer en lisant des comics et qui accepte, presque sans résistance, qu’un collègue plus brillant que lui prenne toute la place dans sa vie. La scène où sa voiture ne redémarre pas alors qu'il a arrêté le moteur pour dire "Je t'aime" à sa femme, qui ne l'entend pas, est le symbole même de tout ce que représente son personnage. 

C’est la rencontre avec Clark Forrest (Jason Bateman), présentateur météo charismatique, qui précipite sa chute. Les deux hommes, usés par leurs mariages sans désir, se lient d’amitié, se confient leurs frustrations et finissent par tester une appli locale de sexe, “DTF St. Louis”, présentée comme un jeu pour adultes consentants. Quand l’un entame une liaison avec la femme de l’autre et que Floyd est retrouvé mort, la mini‑série reconstruit ce qui s’est passé, révélant peu à peu la détresse, la honte et la solitude de ce personnage que Harbour joue tout en retenue.

Pourquoi David Harbour est si bon dans les rôles d’hommes cabossés

Ce qui relie les personnages de Hopper et Floyd, c’est ce mélange très particulier de fragilité, de colère rentrée et de sincérité que David Harbour apporte à chacun de ses rôles. Hopper est présenté comme un chef de police râleur mais au grand cœur, qui crie trop fort, boit trop, mais finit par se sacrifier pour ceux qu’il aime. Floyd, lui, n’a ni badge ni fusil : c’est un père de banlieue ordinaire, un peu en surpoids, qui se sent invisible, mais qui essaie malgré tout d’être présent pour son beau‑fils et de sauver ce qui peut l’être dans son couple.

Dans plusieurs interviews, David Harbour explique qu’il est attiré par des personnages qui ne sont pas héroïques au sens classique, mais par des hommes qui portent des cicatrices émotionnelles et essaient quand même de faire ce qui est juste. La mise en scène de DTF ST. LOUIS accentue cette dimension : plans fixes sur Floyd dans sa cuisine, conversations embarrassées au bord de la piscine, silences gênés lors des dîners de voisins, tout est pensé pour montrer un homme qui se débat avec sa propre vie et son propre corps sans savoir comment reprendre le contrôle.

De STRANGER THINGS à DTF ST. LOUIS, David Harbour construit ainsi une galerie de personnages masculins paumés qui résonnent avec notre époque : des hommes qui ne savent plus très bien comment être des pères, des maris, des amis, mais qui continuent d’essayer, quitte à se perdre en route. C’est précisément ce mélange de faiblesse, de tendresse maladroite et de dignité brisée qui fait de lui l’un des acteurs les plus intéressants de sa génération, et qui donne à la nouvelle mini‑série HBO Max une profondeur émotionnelle bien au‑delà de son pitch d’appli de sexe et de triangle amoureux meurtrier.