De Nip/Tuck à Pose, retour sur la carrière du géant Ryan Murphy

Posté par La rédaction de CANAL + le 20 Juin 2019
De l’appétit sériel il en faut pour tenir une carrière comme celle de Ryan Murphy. Après avoir supervisé près de 12 séries majeures en moins de 20 ans, il est l’un des showrunners les plus prolifiques et célébrés d’Hollywood. Motivé par le besoin de raconter des histoires originales, décalées, inclusives et résolument progressistes, il est le roi du story telling. À l’occasion de la diffusion de Pose saison 2 à l'heure US sur CANAL+, retour sur le parcours de Ryan Murphy.

Quand on pense Ryan Murphy, on peut visualiser des séries incontournables : la torride et dérangeante Nip/Tuck, la très inclusive Glee, la terrifiante American Horror Story et la révélation Pose. Ancien journaliste, Ryan Murphy s’est plongé corps et âme dans l’invention d’histoires uniques, jamais vues, tel un précurseur qui a su allier succès critique, financier et public.

De Nip/Tuck à Glee : la déferlante Ryan Murphy

Après Popular en 1999, flop magistral pour Ryan Murphy, c’est en 2003 qu’il trouve son ton et impose son style au petit écran avec Nip/Tuck. Le pitch est plutôt simple, on suit deux chirurgiens plastiques qui enchaînent les opérations, les peines de cœurs, les aventures sexuelles torrides, le tout saupoudré de crimes sauvages. Véritable curiosité, la série fascine par sa transgression, sa sensualité. Nip/Tuck plaît et c’est un Golden Globe qui couronne ce succès. Même si Ryan Murphy a imposé son style rapidement, il changera littéralement de registre avec la rafraîchissante et honnête Glee en 2009. Un nouveau carton pour la teen série musicale, inclusive, honnête sur la vie d’un lycée américain. Il révélera des talents comme Darren Criss, fidèle parmi les fidèles, ou encore Cory Monteith, aujourd’hui disparu.

Glee possède une fanbase énorme et Ryan Murphy commence à tenir les rênes de sa recette miracle pour ses séries : un casting ultra diversifié, des causes discutées comme celles du harcèlement scolaire, du genre, des sexualités.

American Horror Story à American Crime Story : le goût du risque

Par la suite, Ryan Murphy, auréolé de ses succès critiques et populaires, quitte son public de Glee pour plonger les deux mains dans le genre horrifique avec American Horror Story en 2011. Une série anthologique qui revisite les piliers du conte horrifique : la maison souillée par les meurtres, le diable, les hôtels maudits, les slashers, véritable fascination pour le showrunner. Une plongée dans les mythes horrifiques qui contribue à façonner l’image de Ryan Murphy comme génial story teller. Il couronne la légende Jessica Lange, propulse Evan Peters sur le devant de la scène et peut compter sur Sarah Paulson, une partenaire de confiance.

Il explore ensuite, avec American Crime Story, les faits divers les plus connus d’Amérique : le procès d’O.J. Simpson à l’assassinat du couturier Gianni Versace par Andrew Cunanan. Pour ce dernier il caste une nouvelle fois Darren Criss, qui livrera la prestation de sa vie dans la peau du serial killer. Il s’octroie également une pause de genre avec Feud, un rendez-vous avec Susan Sarandon et Jessica Lange qui explore l’incroyable bataille d’egos qui a opposé deux légendes de l’âge d’or d’Hollywood : Bette Davis et Joan Crawford. Scream Queens, série guilty pleasure qui entretient encore une fois la culture slasher n’est pas à ignorer.

Pose : un bouleversement majeur

C’est en 2018 que Pose arrive sur le petit écran. Cette traversée dans la culture ball new yorkaise débutée dans les années 80 a rebattu les cartes à Hollywood. La série est inspirée du documentaire datant de 1990, Paris Is Burning. Le long-métrage s’intéresse à un groupe de jeunes hommes homosexuels qui dansent et posent à Washington Square Park. Ryan Murphy fait appel à de brillants auteurs transgenres, militants et activistes pour la création. Côté casting, même chemin d’emprunté puisque la série compte 5 acteurs transgenres parmi 140 membres de la communauté LGBTQ. Indya Moore sera la révélation de la série, ainsi que Billy Porter, star incontestée du show.

Motivé par l’urgence de faire bouger les choses en profondeur, Ryan Murphy a également reversé tous les bénéfices de la série à des associations de la communauté. « Je suis militant pour toute une communauté et mon travail consiste à prendre soin d’eux, subvenir à leurs besoins et leur donner accès à une culture populaire qui leur a été refusée pendant trop longtemps. C’est ce que je voulais faire, et j’ai tout de suite décidé de reverser mes profits à la communauté ».

Avec Pose, Ryan Murphy retrousse ses manches et permet ce que peu ont su faire : créer une visibilité pour les acteurs LGBTQ, souvent invisibilisés, et les mettre au cœur d’une série. C’est ce que l’on appelle un (vrai) progrès.

Retrouvez la saison 2 de Pose à l'heure US sur CANAL+.