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CASTLE ROCK : Le "Twin Peaks" de Stephen King et J.J. Abrams
Posté par Philippe COUSSIN-GRUDZINSKI

Avant même de la regarder, "Castle Rock", inspirée de TOUTE l'oeuvre de Stephen King et non pas d'un seul de ses romans, donnait déjà envie : supervisée par le maitre de l'horreur himself, produite par J.J. Abrams, sur une idée de Sam Shaw (Masters of Sex) et Dustin Thomason (Lie to Me), réalisée par Michael Uppendhal (qui avait réalisé plusieurs épisodes de Mad Men) avec, entre autres, André Holland (vu dans Moonlight) et Bill Skarsgard (évidemment vu dans Ça) : on était presque assommé par ce casting cinq étoiles. On aurait pu être déçu. Mais non. On a qu'une seule envie : la binger.  

 

Castle Rock, petite ville américaine culte de l'univers de Stephen King, un jeune homme livide et mutique est retrouvé enfermé dans une cage au sous-sol d'une prison, suite au suicide de son directeur. Il réclame d'être représenté par un certain Henry Matthew Deaver. Grâce au concours d'un gardien de prison qui aurait franchement préféré surveiller les caméras d'un supermarché, Maitre Deaver revient dans la ville de son enfance pour tenter de libérer son client. Il y recroise alors ses souvenirs, dont sa flippante ancienne voisine tellement transie qu'elle le suivait à la jumelle. Comment ce jeune homme mutique s'est retrouvé dans cette prison ? Que s'est-il vraiment passé dans l'adolescence de Deaver pour que son ancienne voisine tremble encore face à lui ? Pourquoi le directeur de prison s'est-il suicidé si brusquement ? On refermera sans doute les tiroirs de cette intrigue à la fin. 

 

Mais, assez vite, on l'oublie, tant tout le reste est d'une finesse si géniale qu'on aurait presque envie de passer à Castle Rock le temps d'un week-end... Tout le reste = les personnages, qui semblent tous avoir besoin d'un bon séjour en hôpital psychiatrique, le décor de la prison, dont on entend claquer le métal des portes et des barreaux, la ville, d'un glauque parfait, avec son unique bar/diner/bowling, ses vieilles maisons à colonnades où toutes sortes de choses peuvent se passer entre le grenier et la cave, ses bandes d'enfants maléfiques, son lac gelé qui recouvre d'anciens secrets. Le tout filmé de façon plus morbide tu meurs et truffé de références à l'univers de King, mais sans jamais donner l'impression d'être dans un entre-soi de fans : on peut ne rien avoir lu de King et adorer la série. 

 

Bref, Castle Rock se boit comme du petit lait. Ou, plus à propos, comme un verre de sang chaud, dessins à la cuillère dans la mousse compris, comme dans tout bon cappuccino. Accompagné d'une bonne tarte aux cerises, comme dans... Twin Peaks. 

Castle Rock, à découvrir à partir du 18 octobre sur CANAL+ et myCANAL
Les jeudis à 21H00 (2 épisodes / soirée)
Disponible en intégralité sur myCANAL dès la première soirée.