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Avec EMPATHIE, les séries médicales reprennent le pouvoir

En racontant le quotidien d’un institut psychiatrique, la série de Florence Longpré poursuit la tradition des séries médicales à succès en la faisant évoluer. Fini la violence spectaculaire des urgences, vive la compréhension des problèmes psy des patients.

Après le sang et les brancards, la subtilité des questions de santé mentale

On s’en souvient tous, avec la série URGENCES lancée en 1994 puis GREY’S ANATOMY et DR HOUSE dix ans plus tard, l’hôpital a longtemps été le centre du monde sériel. Si GREY’S ANATOMY continue son bonhomme de chemin cette année avec plus de 400 épisodes au compteur, depuis une dizaine d’années la tension est retombée. La science-fiction, les polars ou les séries historiques sont progressivement montées sur le trône. Bien sûr, de temps à autre, une nouveauté fait la part belle aux soignants et à leurs patients comme THE KNICK sur Apple TV+ ou le bijou français né sur CANAL+, HIPPOCRATE mais elles restaient isolées. Et si THE PITT qui raconte les défis auxquels sont confrontés les médecins d’un hôpital de Pittsburgh ranime le genre sur Apple TV+, il manquait encore une dimension au genre. La santé mentale dont tout le monde parle et c’est EMPATHIE, la nouvelle CREATION ORIGINALE de CANAL+ qui investit brillamment ce domaine. Une tâche d’autant plus difficile pour sa créatrice Florence Longpré parce que contrairement aux accidents de la route, amputations, crises cardiaques et périlleuses anesthésies, les soucis psychiatriques ne se voient pas forcément. Il y a rarement du sang, des cris et des soignants qui hurlent en courant autour d’un brancard. En rencontrant Suzanne Bien-Aimé, la nouvelle psychiatre de l’institut Mont-Royal à Montréal, on entre dans le monde du temps long, de l’écoute, de l’échange, de la médicamentation dosée comme une formule magique, ce qui n’empêche pas toujours les crises comme lors du premier épisode.

Les relations humaines au coeur de la série

Si les soignants d’URGENCES, THE PITT ou HIPPOCRATE sont des héros épuisés, manquant de moyens et souvent au bord de la crise de nerfs, Florence Longpré nous entraîne dans une autre direction. Elle explore avec son personnage comme les patients qu’elle soigne une recherche profonde des causes du mal-être. Selon les cas, ce peut être un choc émotionnel enfoui, un accident, un trait de caractère, une relation toxique, un deuil, un mensonge jamais dirigé… Mieux, elle se met elle aussi à nu puisque son personnage souffre également de plusieurs traumas car elle a perdu sa femme et sa fille, choc qu’elle tente de supporter en buvant trop. Pour autant, la série reste lumineuse car Suzanne et son camarade Mortimer (Thomas Ngijol) apportent de l’espoir à chacun des patients, condition pour qu’eux-aussi aillent mieux et que l’institution (où d’autres médecins préfèrent des méthodes plus expéditives) accueille au mieux les nouveaux arrivants.