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AU PAIR, il ne fallait pas laisser entrer cette jeune fille dans la maison…

Les Anglais sont les rois du polar domestique et ils le prouvent à nouveau avec AU PAIR une nouvelle mini-série mettant en scène l’arrivée d’une jeune femme dans un foyer qu’elle semble bien décidée à détruire.

Une mère au foyer débordée et l’engrenage s’enclenche

« De l’aide ? C’est pas de refus mais de la part d’une étrangère à la maison ? J’ai besoin de temps avec les enfants... » Quand son riche mari propose à sa nouvelle épouse Zoé Dalton (Sally Bretton) d’employer une fille au pair pour l’aider à gérer leur foyer face à l’ampleur de la tâche, son instinct la pousse dans un premier temps à repousser l’offre. Mais il est vrai que dans cette vaste demeure du Sud de l’Angleterre, le travail et la charge mentale qui l’accompagne ne manquent pas. D’une part, ses deux beaux-enfants, Noah plutôt délicat et Amber carrément rebelle ne sont pas si faciles et en tant que nouvelle venue dans la famille, elle doit faire ses preuves. De l’autre, Zoé doit également gérer son père, diabétique, qui est installé dans une dépendance à proximité. Pour autant, elle n’est pas qu'une simple femme au foyer puisqu'elle a également créé une entreprise de couture prospère. Autre souci, il y a peu elle a subi une épreuve intime bouleversante : une fausse-couche. Autant d’éléments qui vont la pousser à finalement accepter que Sandrine (Ludmilla Makowski), une jeune fille au pair française s’installe chez eux. A peine la série entamée, l’atmosphère est déjà étouffante, pleine de doute et de suspicion. On l’a compris d’emblée : les apparences sont trompeuses et la jeune femme en question n’est sans doute pas celle que l’on croit. En cela, AU PAIR, cette mini-série en quatre épisodes rappelle le savoir-faire britannique de Patrica Highsmith et Alfred Hitchcock. A peine le téléspectateur a-t-il décrypté ces enjeux que l’on voit Sandrine préparer une mixture de médicaments afin, semble-t-il, d’empoisonner le père de sa patronne (Sir David Suchet)…

Quand on ne sait plus à qui se fier...

Sans trop dévoiler l’intrigue, il apparaît clairement que la jeune femme a un passé trouble et qu’elle s’est lancée dans une mission qui pourrait avoir un lien avec un autre personnage mystérieux incarné par Virginie Ledoyen. C’est la force de la création de Michael Foott et Andy Bayliss : révéler les fêlures de chaque personnage et appuyer dessus jusqu’à ce que cela saigne. Pour autant, la série n’avance pas à sens unique puisque Zoé Dalton, prochaine cible de l’intruse, ne compte pas se laisser faire et elle commence à lire dans le jeu de sa jeune aide. Dès lors, une nouvelle lutte pour le pouvoir commence et la demeure va se transformer en piège pour les différents personnages. C’est la force de AU PAIR : transformer chaque élément du quotidien, un plat, un meuble, un escalier… en possible menace et chaque personnage en menteur et assassin potentiel. Et le téléspectateur en... témoin paranoïaque.