Une finale de rêve
Posté par Pierre Ménès le 27 Novembre 2017
Frédéric Thiriez en rêvait. Le PSG - en s'imposant mardi à Nantes - et l'OL - en battant Troyes hier soir - l'ont fait. Mais il convient de rendre hommage à cette rafraîchissante équipe auboise.

Vous commencez à le savoir, je ne suis pas le plus ardent défenseur de la Coupe de la Ligue, ce n'est rien de le dire. Mais il faut savoir être objectif et réaliste : cette saison, les clubs dans leur ensemble ont plus joué le jeu que les années précédentes. Le PSG en tête qui, dans sa quête de trophées et sa volonté de gagner tout ce qui se présente à lui, a toujours aligné une équipe compétitive dans la Coupe chère à notre bon président Thiriez.

Il faut dire que pour des équipes comme l'OM ou l'OL, qui réalisent une saison pour le moins mitigée, la Coupe de la Ligue est devenue un véritable objectif. Et c'est comme ça qu'on se retrouve avec une alléchante finale PSG-Lyon au Stade de France. Mais tout comme Paris mardi soir, les Lyonnais ont dû lutter pour décrocher leur billet pour cette finale. Pourtant, ils jouaient à domicile face à une équipe de milieu de tableau de Ligue 2.

Oui, mais voilà : sans la "3G" (Gourcuff, Grenier, Gonalons), la connexion est nettement moins bonne dans l'entrejeu lyonnais. Sans ces trois-là (Gonalons est sorti à la mi-temps), ce n'est clairement plus la même équipe au niveau de la création. L'OL s'en est donc remis à son impact physique supérieur, à son expérience et à ses individualités plus fortes pour faire la différence dans la première demi-heure de jeu, grâce à un but de Lacazette bien servi par Zeffane, puis par Gomis qui a coupé au premier poteau un centre de Briand.

Mais à partir de là, on a retrouvé cette équipe de Troyes qui nous faisait tellement de bien la saison dernière en Ligue 1. Fidèle à elle-même, la formation de Furlan a une nouvelle fois fait étalage d'un football offensif et intelligent. Voilà : ça, c'est du foot. Alors évidemment, vous pourrez toujours objecter que l'ESTAC ne gagne jamais rien et joue désormais en Ligue 2.

La volonté de jouer paie

Mais l'essentiel est ailleurs. Avec peu d'individualités saillantes, cette équipe montre vraiment de belles choses, toujours articulée autour de l'excellentissime Nivet, avec aussi Darbion et ce Thiago qui a vraiment quelque chose. Cette équipe a la volonté de toujours ressortir le ballon proprement, à terre, sans paniquer. Au passage, on remarquera qu'il n'y a pas beaucoup de jardiniers en France, mais à Gerland, visiblement, oui.

En seconde période, j'ai été très séduit par la manière dont Troyes a tenté de revenir au score. La pelouse hybride de l'ESTAC est un modèle du genre, et certains clubs de Ligue 1 avec des moyens beaucoup plus importants feraient bien de s'en inspirer. De cette pelouse révolutionnaire, mais aussi des mecs qui courent dessus et développent ce jeu si agréable à regarder.

Quant aux Lyonnais, il faut leur reconnaître un immense mérite : ils ne bradent jamais rien. Voilà une équipe qui, lorsqu'elle était décimée par les blessures, s'est quand même qualifiée dans son groupe d'Europa League, qui est toujours en lice en Coupe de France, qui se retrouve aujourd'hui en finale de la Coupe de la Ligue et est engagée dans une remontée certes compliquée mais tout à fait réalisable en championnat.

Là aussi, si toutes les équipes de Ligue 1 pouvaient jouer le jeu comme le fait l'OL - même quand il y a du monde à l'infirmerie -, avec cette volonté de ne pas calculer et de tout jouer à fond, on aurait un spectacle de bien meilleure qualité en Ligue 1. La présence en demi-finale de Troyes et de l'OL prouve bien que la volonté de jouer paie. Espérons que cette façon de penser fasse des émules...


Pierrot