Un sale week-end
Posté par Pierre Ménès le 27 Novembre 2017
Les événements de vendredi au Stade de France et ceux d'hier soir à Nice m'empêchent de parler de foot dans ce post.

Je ne vais même pas évoquer le désagréable Nantes-Reims auquel j'ai assisté à La Beaujoire. La dixième journée a débuté avec un Lens - PSG où les Lensois ont comme toujours montré leur courage. Malheureusement, derrière, le match a été pourri, saccagé, massacré par un arbitre dépassé par les événements et rongé par la trouille et le doute. Reprenons les faits un par un. Je pense qu'il y a penalty sur Cavani. Gbamin n'avait pas à le pousser comme il l'a fait puisque l'Uruguayen ne pouvait pas avoir le ballon. Le deuxième jaune, synonyme de rouge, n'a pas de sens.

Et que dire de l'expulsion de Cavani ? Un arbitre a le droit d'être mauvais, certes, mais il a aussi le droit de s'intéresser un minimum au football. Si on regarde tous les buts de l'attaquant parisien, que ce soit au Parc ou à Amsterdam, il a toujours fait ce geste du tireur d'élite. Je ne pense pas qu'il y ait la moindre intention de chambrer ou alors, quand il a marqué contre Lyon, c'est de son propre public qu'il s'est moqué... Derrière, il est expulsé pour une main posée sur le bras de l'arbitre. Ridicule.

Evidemment, comme Edinson Cavani est un joueur de renommée internationale, ces images vont faire le tour du monde et couvrir de ridicule l'arbitrage français. L'expulsion de Le Moigne était, elle aussi, extrêmement prématurée. En trois minutes, il a gâché la fête et massacré un match. Désormais, c'est à la direction de l'arbitrage français de prendre des mesures parce que, quand un joueur fait une prestation de ce genre, il se retrouve en CFA ou dans les tribunes la semaine d'après.

 

Où va le foot français ? 

Mais finalement tout ça n'est pas bien grave comparé à ce qui s'est passé à Nice hier soir. Niveau football, pas grand chose si ce n'est une erreur de Diawara, un but d'Ayité et peu de réussite pour les Niçois. À l'arrivée, les Bastiais se sont donc imposés. Derrière, tout s'est enflammé. Jean-Louis Leca, le gardien remplaçant de Bastia, est venu agiter un drapeau corse au milieu de la pelouse. Alors je veux bien que ce ne soit pas le truc le plus fin du monde, mais je voudrais savoir : comment est-il possible, aujourd'hui en France, qu'un préfet prenne un arrêté pour interdire la présence de drapeaux corses dans un stade ? On est où ?

Pour moi, ce n'est ni plus ni moins que du racisme. Alors peut-être que la réaction de Leca n'était pas intelligente, il aurait pu se contenter de la victoire. On peut aussi remarquer que les joueurs de Bastia se sont échauffés avec un maillot frappé de la tête de Maure barrée d'une croix rouge. Mais à un moment donné, il faut arrêter. On empêche déjà des supporters de rentrer dans les stades - vendredi, des fans du PSG munis d'un billet n'ont pas pu pénétrer dans le Stade de France -, si en plus on interdit les drapeaux... Où va le foot français ?

Est-ce que le geste du portier peut justifier l'envahissement du terrain par une cinquantaine de voyous ? Ils sont forcément de Nice puisque le public bastiais était interdit de déplacement. Des supporters qui frappent des joueurs, c'est du football peut-être ? Quand je vois dans Jour de Foot que Didier Digard passe de la pommade à ses fans en chargeant à mort Leca, je me dis qu'il est complètement irresponsable. Je préfère de loin les déclarations du président Niçois, qui avait l'air bien plus marqué par les événements. 

Je pense que les sanctions doivent et vont tomber. Les instances vont montrer l'exemple pour Leca, le gardien remplaçant. Je pense aussi que l'Allianz Riviera va être lourdement sanctionné et c'est la moindre des choses. Moi je veux bien prendre la défense des supporters et des mecs qui vivent pour leur club et qui sont brimés, mais les voyous qui envahissent le terrain pour aller frapper des joueurs n'ont de place que dans un seul endroit : la taule. 

Pierrot