Un jeudi mouvementé
Posté par Pierre Ménès le 15 Mars 2018

On a vu toute la différence hier soir, entre les deux Olympiques. Ce qu’on constate d’ailleurs clairement depuis quelques semaines en championnat. La différence entre une équipe collective qui joue avec envie, avec solidarité et talent aussi, et une autre qui n’a pas de projet de jeu, qui ne progresse pas et livre des matchs informes dès qu’elle n’a pas son Fekir en forme. L’OM a encore réalisé un match très convaincant à Bilbao et San Mamés n’a jamais aussi bien porté son surnom de Cathédrale qu’à la fin d’une rencontre que les joueurs de Garcia ont maîtrisée.

Il faut aussi reconnaître que cette équipe basque est loin de celle qui avait éliminé les Olympiens il y a deux ans et que Mandanda a quand même dû s’employer à plusieurs reprises. Il n’empêche que ce succès acquis grâce à un penalty provoqué et transformé par un Payet très en vue et à un très bel enchaînement crochet extérieur-frappe enroulée d’un Ocampos intenable ne souffre aucune contestation. Hormis la vilaine double parenthèse parisienne, Marseille livre une seconde partie de saison magnifique. Garcia a su donner une identité à son équipe et lui transmettre sa gnac.

On ne peut pas en dire autant à propos de son homologue lyonnais. Après cette élimination limite honteuse face au CSKA Moscou, je pense en effet que le dossier Génésio ne va quand même pas tarder à devoir être ouvert. En cas de défaite dimanche au Vélodrome, l’entraîneur de l’OL aura tout raté. Et notamment l’objectif principal du club : se qualifier pour la Ligue des Champions. On connaît la répugnance de Jean-Michel Aulas à se séparer de ses entraîneurs mais aujourd’hui, je ne vois pas d’autre issue qu’une séparation.

Dossier Génésio et incidents

Parce que là, il ne faut pas déconner : l’effectif n’est pas vilain du tout et certainement pas inférieur à celui de l’OM. Pourtant, depuis ce désormais fameux mug, l’OL n’y arrive plus du tout. L’absence de Fekir n’explique pas tout et certainement pas cette bouillie de football offerte hier soir dans un Groupama Stadium que les Lyonnais regarderont de leur canapé le 16 mai prochain. Des Lyonnais qui ont pourtant eu les occasions pour ouvrir le score avant le repos, mais soit ils se sont heurtés à Akinfeev, soit ils ont joué le coup en solo alors que la passe s’imposait.

Cueillis par un joli but de Golovin avant la pause, l’OL a bénéficié d’un coup de pouce du destin, Cornet égalisant alors que le ballon semblait être sorti avant le centre de Ferri (juste sous les yeux du cinquième arbitre, bref). Mais alors qu’ils avaient fait le plus dur, les Lyonnais ont craqué deux fois en cinq minutes en faisant preuve d’un incroyable laxisme défensif. La révolte a bien eu lieu ensuite, avec la réduction du score de Mariano et quelques belles opportunités d’arracher la qualif’ en toute fin de match, mais trop tard. Lyon est donc éliminé de toutes les Coupes et va jouer sa fin de saison sur le match de dimanche au Vélodrome…

Et puis je vais malheureusement terminer ce post en parlant des nouveaux incidents qui ont émaillé la soirée. Des supporters de Marseille se sont battus avec des policiers à Bilbao et des Lyonnais ont fait de même avec des hooligans russes. Le jour où l’on apprend la suspension à titre conservatoire du stade Pierre-Mauroy, ça fait beaucoup. Beaucoup trop. Et ça me rend dingue. Car je continue à lire sur les réseaux sociaux les plaintes des supporters contre le tout-répressif. Mais qu’espèrent-ils d’autre avec des comportements comme ceux-là ?

Les supporters du PSG se plaignent de n’être que 270 à être autorisés à aller à Nice dimanche. Mais comment voulez-vous organiser un déplacement massif de supporters parisiens à 150 kilomètres de Marseille quelques heures avant un Marseille-Lyon, avec les risques que cette « coïncidence » peut induire ? Il faut se mettre à la place des pouvoirs publics et des forces de l’ordre. On a autre chose à foutre et de l’argent à dépenser plus intelligemment que d’essayer de contrôler des gens qui ne veulent pas être contrôlables. En toute franchise, je suis totalement dépité par tout ce qui se passe ces derniers jours.

Pierrot