Turquie-France : l'analyse

Posté par Pierre Ménès le 9 Juin 2019

C’est donc le deuxième match pourri des Bleus cette saison, après la défaite sur le même score aux Pays-Bas en novembre dernier. Et j’avais trouvé les Oranje beaucoup plus brillants que cette équipe de Turquie qui a mis beaucoup d’agressivité sur le porteur du ballon et joué les coups offensifs avec intelligence mais qui n’a pas spécialement cherché à créer du jeu, laissant les Bleus s’empêtrer dans leur prestation, d’une mièvrerie invraisemblable. Je ne compte pas le nombre de ballons joués vers l’arrière par l’équipe de France dans ce match. Ce qui s’est traduit par cette statistique hallucinante : aucun tir cadré pour les hommes de Deschamps en 94 minutes de jeu.

Alors après ce revers, évidemment, on va tomber à bras raccourcis sur l’escouade offensive. C’est très français de toujours cibler les attaquants. Je suis désolé mais ce match, les Bleus le perdent défensivement, avec une charnière centrale en dessous de tout et un milieu de terrain qui a très mal défendu. Le premier but est la conséquence d’une faute de marquage de Digne sur la remise de la tête et de l’inattention de Varane et de Giroud qui sont les deux plus proches d’Ayhan, le buteur. Et sur le second, c’est une perte de balle d’Umtiti puis Pogba qui se fait manger physiquement. 

Quand tu n’es pas en verve ou en forme offensivement, ce qui peut arriver, tu dois au moins faire 0-0, comme le font toutes les grandes équipes quand elles sont dans un jour sans. Il faut que cette équipe de France redescende sur Terre. Et qu’elle se mette dans la tête que la qualification pour l’Euro, il faudra aller la chercher. Vous imaginez le champion du Monde en titre pas qualifié pour l’Euro suivant ? On aurait l’air malin. 

Pour le coup, il n’y a pas lieu de polémiquer sur la supposée frilosité de Deschamps. Il a fait deux équipes. Une formation classique à la DD en première période, avec trois milieux défensifs et une autre plus offensive en seconde mi-temps. Et cela n’a rien changé. Les Turcs ont même eu encore plus d’occasions en seconde période qu’en première. Bref, c’est un non-match qui succède au non-match de Rotterdam. Et deux non-matchs dans la première année qui suit un titre de champion du Monde, c’est déjà trop. Il va falloir se reprendre d’urgence parce que là, c’est quand même très inquiétant…

Pierrot