Trop forts, trop faibles
Posté par Pierre Ménès le 27 Novembre 2017
Comme on pouvait le craindre, le PSG n'a pas vraiment existé hier soir sur la pelouse du Camp Nou. Face à des Catalans au sommet de leur art, l'effectif parisien a montré ses limites. Les dirigeants vont désormais devoir se poser les bonnes questions pour préparer sereinement l'avenir du club de la capitale.

Je viens à peine de rentrer à l'hôtel et d'après ce que je lis, je crois que la chasse à l'homme a déjà commencé. Alors qu'est-ce qu'on peut dire de ce match à tête reposée ? Laurent Blanc avait opté pour une équipe organisée en 4-4-2 en losange avec Cavani et Ibra en pointe. Ce n'était pas un mauvais choix. Tous ceux qui pensaient que le PSG allait jouer avec Pastore derrière trois attaquants ne se rendaient pas compte du danger. Sur la pelouse du Nou Camp, une telle tactique équivaut à un suicide face aux contres catalans.

En tout cas, peu importe le dispositif, il faut montrer un minimum d'envie et d'agressivité dans ce genre de match. Evidemment, le but de Neymar, arrivé très tôt dans la rencontre après un exploit individuel d'Iniesta, a tout foutu en l'air. Seulement au niveau de la volonté, le PSG n'a pas été à la hauteur. Les Parisiens, amoindris défensivement par l'absence des deux Thiago, se sont résignés trop vite face à une équipe infiniment supérieure à tous les niveaux.

Il suffit de faire un bilan individuel des Parisiens et de se poser une question assez simple : quels joueurs du PSG pourraient jouer à Barcelone ? Marquinhos et Verratti sont les deux seuls. Je mets Matuidi de côté car s'il a encore donné son corps à la science ce soir, il n'a pas un jeu adapté à cette équipe. Tous les autres acteurs ont été très en dessous. David Luiz, qui s'est bien repris après le repos - dans un deuxième acte où le Barça a commencé à préparer son derby contre l'Espanyol Barcelone - a réalisé une première mi-temps cauchemardesque.

Défensivement, Van der Wiel et Maxwell ont également montré des lacunes. Au milieu de terrain et comme au match aller, Cabaye a confirmé que ce niveau était trop haut pour lui. Pastore, à qui on demande beaucoup depuis plusieurs semaines, a totalement raté sa rencontre. Cavani a été égal à lui-même. Enfin, Ibrahimovic a joué sur un rythme qui lui aurait permis de bien s'amuser avec Ronaldo et Zidane à Saint-Etienne pour le match de la pauvreté, lundi...

 

Le changement, c'est maintenant...

Le bilan est donc très dur. Le PSG est éliminé pour la troisième fois consécutive en quart de finale de la Ligue des Champions et cette fois-ci, très largement. Lors des deux précédentes éditions, ça ne s'était joué à rien contre Barcelone puis Chelsea. Hier soir, il y avait un écart abyssal entre les deux équipes. Paris, trop amoindri, ne pouvait pas lutter face à un Barça actuellement dans une très grande forme. Seulement, cela ne doit pas empêcher les dirigeants parisiens de se poser les bonnes questions. Il va falloir renouveler l'effectif, chose qui répugne Nasser. Selon lui, il faut toujours garder tout le monde. Dans le cas présent, le PSG va devoir se séparer de plusieurs joueurs.

Il y a plusieurs choses à faire : ne pas renouveler le contrat de Van der Wiel, revendre Cabaye en Angleterre où il a une vraie valeur marchande, trouver un point de chute pour Lavezzi et réaliser la moins mauvaise opération financière concernant Cavani. Enfin, les dirigeants peuvent essayer de convaincre Petr Cech de signer à Paris ainsi que d'autres joueurs, plus frais et qui arriveraient peut-être avec une autre envie.

Evidemment, je ne vais pas passer sous silence la question du coach. Laurent Blanc a-t-il montré ses limites sur ces deux matchs ? De toute façon, en France, tout le monde va dire oui. Je pense moi aussi qu'il y avait d'autres choses à tenter dans cette rencontre. Par exemple, jouer plus directement et sauter le milieu de terrain pour mettre en difficulté Piqué, qui n'est pas le meilleur joueur du Barça actuellement. Enfin, changer d'entraîneur, pourquoi pas. Seulement, il faudra trouver mieux car n'oublions pas que Laurent Blanc a encore la possibilité de réaliser un triplé historique. Quoi qu'il arrive, c'est une décision qui appartient aux dirigeants qataris. Mais dans un premier temps, ils doivent surtout songer à régénérer un effectif qui a montré ses limites. 

 

Pierrot