Trois matchs et deux banderoles

Posté par Pierre Ménès le 28 Août 2019

On a donc eu droit cette semaine aux « trois match du G7 », décalés à cause de la petite sauterie de Biarritz. On a commencé mardi avec la victoire de Montpellier sur une très pâle équipe de Lyon. L’OL avait séduit face à deux adversaires faibles et certains commençaient déjà à s’enflammer. Face à une opposition plus consistante et qui avait préparé son match tactiquement, ça n’a pas été la même musique. Der Zakarian avait visiblement observé les Lyonnais et avait décidé d’isoler Tousart du reste de l’équipe mais aussi de profiter du caractère très défensif des latéraux rhodaniens pour placer deux joueurs très haut dans les couloirs de son 3-5-2, notamment Souquet auteur du seul but du match sur une demi-volée aussi sublime que surpuissante.

Et voilà comment Montpellier a bloqué Lyon et l’a d’autant plus facilement bloqué que l’attaque lyonnaise a été totalement aphone. Pour le coup, ce match de l’OL ressemblait beaucoup à ce qu’on avait l’habitude de voir la saison dernière. L’équipe de Sylvinho a montré un très beau visage lors des deux premières journées et un nettement moins reluisant lors de la troisième. Il va donc falloir attendre pour savoir quel est le vrai niveau de l’OL cette saison. 

Mercredi en fin de journée, Lille a très facilement battu une équipe de Saint-Etienne décevante. Pourtant, l’équipe alignée par Printant semblait cohérente et bien organisée. Mais le problème, c’est qu’il y a beaucoup trop de joueurs qui sont en dessous de leur niveau. Perrin paraît très fatigué et est responsable sur le premier but d’Osihmen et Khazri comme Boudebouz sont hors de forme - le premier a probablement repris trop tôt après la CAN et le second n’a quasiment pas joué depuis un an. Le LOSC lui, a confirmé ses bonnes dispositions à domicile, avec ce jeune Nigérian qui a remplacé Rémy avant la 20e minute de jeu et qui a inscrit deux buts tout à fait remarquables. C’est vrai que Perrin se déchire un peu sur le premier, mais il réagit très vite, enchaîne contrôle et frappe très rapidement et sur le second, son contrôle en extension et sa frappe croisée en pivot sont parfaits. C’est un joueur très intéressant et qui illustre parfaitement la supériorité de Campos en France en terme de recrutement.  

Et puis en soirée, Marseille a débloqué son compteur en remportant sa première victoire, à Nice. Les Aiglons avaient pourtant réalisé un très bon début de match avec une intensité nettement supérieure à celle des Marseillais mais l’interruption de dix minutes - dont je reparlerai plus bas - leur a coupé les jambes. Benedetto a marqué trois minutes après la reprise des débats. Après cela, Nice qui n’a quasiment pas de solutions offensives - ce qui oblige Vieira à bricoler sa ligne d’attaque - a eu du mal à revenir. Il y est parvenu grâce à un penalty sifflé de façon assez sévère à mon sens pour un « contact » d’Amavi sur Ganago avant que Pelmard ne commette une faute de débutant dans sa surface sur Germain, permettant à Payet de redonner l’avantage aux siens.

Quand le remède est pire que le mal…

Sur ce match, l’OM semble avoir changé de style, avec un jeu plus direct qui correspond peut-être mieux aux qualités de cette équipe. Et puis on a vu un Benedetto infiniment plus en jambes qu’à Nantes et qui a marqué un premier but en Ligue 1 certes un peu chanceux - il glisse sur sa volée, qui est détournée par Dante et surprend un Benitez pas très inspiré. Mais l’ensemble de son match a été intéressant : ses prises de balles, ses appels, ses contrôles… J’ai trouvé l’Argentin en net progrès et assez séduisant dans son jeu, même si cela demande évidemment confirmation. 

Et puis je vais donc clore ce post en évoquant l’incident de la soirée, à savoir les banderoles homophobes déployées dans la Populaire Sud de l’Allianz Riviera, qui ont poussé monsieur Turpin à arrêter le match et pourraient valoir des sanctions à l’OGC Nice. Alors je suis désolé de le dire, mais quand on fait de la démagogie en s’adressant aux supporters les plus « bas de plaf’ », on s’expose à ce qui s’est passé hier soir : ils jouent à provoquer la Ligue et l’État. Cela n’étonnera personne dans une France animée pendant des mois par les gilets jaunes. Maintenant je ne voudrais pas qu’on ne se concentre que sur cette problématique. J’ai par exemple vu beaucoup moins d’empressement à agir contre les insultes racistes et les cris de singe, et beaucoup plus à interdire les déplacement de fans à tout bout de champ.

Les chants et les banderoles homophobes sont inadmissibles, mais ce tout-répressif est totalement contre-productif - et pas seulement dans le foot, d’ailleurs. On ne va quand même pas légiférer dans le football pour faire plaisir à deux ministres qui tweetent. Dimanche soir sur Canal, c’est Marseille-Sainté. Quand on connaît la rivalité entre les deux clubs, on peut déjà organiser des paris sur la minute à laquelle le match va être interrompu. Si, au lieu de prendre des décisions sans consulter personne, certains ministres du gouvernement allaient un peu sur les réseaux sociaux, ils s’apercevraient qu’ils sont en train de déclencher une compétition entre ultras. Il y a déjà eu dix clubs rappelés à l’ordre par la commission de discipline, cela va devenir très vite ingérable. Quand le remède est pire que le mal, c’est que le traitement n’est pas bon 

Pierrot