Suspense à tous les étages
Posté par Pierre Ménès le 27 Novembre 2017
Plus on approche de la fin du championnat, plus la situation se resserre, dans le haut comme dans le bas du tableau. A quatre journées de la fin, rien n’est joué, ni pour les places européennes, ni pour le maintien…

Tout a commencé vendredi avec un très intéressant Lyon-Nice. Jusqu’à « l’interruption des papelitos », les Azuréens dominaient assez largement l’OL au niveau du jeu, notamment au milieu, en profitant de leur supériorité numérique depuis l’exclusion de Cornet pour une charge beaucoup trop violente sur Cardinale. L’OGCN avait même ouvert le score d’un joli but de la tête signé Germain. Et il y a donc eu cet épisode rarissime avec l’envahissement du terrain par des milliers de papiers. 

Cette animation autorisée par le club et réalisée par le kop lyonnais partait de la louable idée de créer une ambiance « sud-américaine ». Deux remarques : en Amérique du Sud, ce sont des confettis, pas des journaux entiers ou des sacs en plastique. Et puis, avec le vent, l’arbitre n’avait pas d’autre option que d’arrêter le match puisqu’on ne distinguait plus les lignes de la surface d’Anthony Lopes. C’est comme quand il neige : quand on ne voit plus les lignes, il faut les dégager, c’est le règlement. Alors entendons-nous bien, ce n’était pas le scandale du siècle, mais cette jolie tentative d’animation a été ratée à cause du vent. Et vu l’ambiance magnifique qui règne dans le Parc OL, je ne suis pas sûr qu’il y avait besoin de ça.

Toujours est-il qu’en fin de match, suite à un coup-franc sur la barre de Valbuena, Lacazette a réussi à égaliser. Maintenant, à l’arrivée ce n’est une bonne affaire pour aucune des deux équipes puisque Monaco, qui va avoir l’occasion de reprendre la deuxième place en battant ce qui reste de l’OM et Rennes, qui accueille Guingamp, ont un bon coup à jouer.

Boufal, Ben Arfa bis

Ce rapproché, Sainté n’a pas raté l’occasion de l’effectuer après sa victoire à Bastia. Il faut reconnaître une qualité aux Stéphanois : je pense que c’est l’équipe de Ligue 1 qui parvient le mieux à gagner des matchs quand elle joue mal. Les Verts ont autant de points que Nice, qui joue bien mieux au ballon mais perd quand ça ne va pas. Alors que Sainté peut sortir des matchs pourris - c’est le deuxième de suite après celui contre Troyes - et gagner 1-0. C’est aussi une forme de talent. A noter le septième but de Nolan Roux, qui a bien saisi sa chance. Après la blessure de Beric et le recrutement inutile de Soderlund, l’ancien Lillois marque des buts importants depuis quelques semaines.

Dans la lutte pour le maintien, on va d’abord parler de ceux qui ont fait une bonne affaire. Ça va être rapide, il n’y a personne. La moins mauvaise est pour Toulouse, qui a fait nul sur le synthétique d’une équipe de Lorient totalement hors du coup, ne pensant qu’à sa demi-finale de Coupe de France mardi contre le PSG. Les Merlus ont livré un non-match pendant 80 minutes. Le Téfécé avait ouvert le score par Ben Yedder - comme d’habitude - mais sur un mauvais renvoi de la défense toulousaine, Touré a égalisé d’une belle demi-volée à l’entrée de la surface. 

Alors évidemment, il y a de quoi être déçu côté Tef’ parce qu’avec deux points de plus, la situation aurait été encore plus belle. Mais peut-être que ce point ne sera pas inutile en fin de saison. Même s’ils restent 19e, les hommes de Dupraz se rapprochent et sont désormais à portée de points des équipes devant eux. A commencer par Ajaccio, qui a offert une belle résistance à Lille mais est tombé sur un Boufal euphorique. L’ancien d’Angers est une sorte de Ben Arfa bis. Oui, parfois il bouffe le ballon, parfois il est pénible. Mais des joueurs comme ça, il faut aussi les accepter avec leurs défauts. Parce que le jour où ils sont bien, leurs qualités font vraiment la différence. Il faut reconnaître que depuis l’arrivée d’Antonetti sur le banc lillois, il est de plus en plus régulier dans ses performances tout en étant toujours aussi brillant sur le plan technique. Le premier de ses trois buts, sublime, en atteste. 

Déluge de buts anecdotique

On pouvait penser avant le début de cette journée que la belle opération serait pour Reims, qui allait forcément gagner à Troyes comme tout le monde. Eh bien pas du tout. L’ESTAC a remporté sa première victoire de la saison à domicile. Alors ils sont gentils les Rémois, ils sont censés sauver leur peau mais ils commencent à jouer quand ils sont menés 2-0 après une prestation indigne. Sans un excellent Carrasso, Troyes aurait même pris plus d’avance au tableau d’affichage. La réduction du score de Bifouma a rendu la fin de match plus haletante, mais cela reste une très vilaine et très inquiétante prestation des Rémois. 

On passera assez vite sur la victoire d’Angers à Bordeaux. Le SCO a inscrit deux buts sur coups de pied arrêtés et on s’est aperçu que Bordeaux, quand il faut faire autre chose que défendre à dix derrière, il n’y a rien. Les images du public du Matmut Atlantique quittant le stade un quart d’heure avant la fin sont accablantes pour l’avenir du club girondin. Et puis quelques mots pour finir sur la large victoire du PSG sur Caen. Oui, la Ligue 1 est trop faible pour le champion de France. Mais une fois qu’on a dit ça, qu’est-ce qu’on fait ? On demande aux Parisiens de tirer à côté et de ne gagner que 1-0 pour que ça ait l’air plus difficile ? 

Alors c’est vrai que Caen était assez amoindri, notamment sur le plan défensif. Et puis le SMC est hors du coup depuis pas mal de semaines. Le 2-0 de la mi-temps était assez flatteur. Et puis après le repos, Paris a contré et avec la qualités des joueurs de l’effectif parisien, un déluge de buts s’est abattu sur Vercoutre. Au final, c’est un succès anecdotique dont tout le monde se fout. A commencer sans doute, par les Parisiens eux-mêmes. 

Pierrot