Strasbourg au bout de l'ennui

Posté par Pierre Ménès le 31 Mars 2019

Ce dont on se souviendra dans quelques années, lorsqu’on regardera le palmarès de la Coupe de la Ligue, c’est que Strasbourg a remporté l’édition 2019. Tout le monde aura oublié le niveau catastrophique de ce match et c’est aussi bien. Et quand je dis « catastrophique », c’est le terme le plus poli que je puisse trouver. Cette rencontre n’a été qu’une bouillie de football pendant 120 minutes. Alors il y a des explications. L’état de la pelouse du stade Pierre-Mauroy est proprement scandaleux - franchement, chapeau au LOSC d’être deuxième du championnat avec ce champ de patates - et puis bon, cette finale opposait quand même le dixième au dix-huitième de Ligue 1. 

À la fin de la rencontre, on se demandait d’ailleurs qui était dixième et qui était dix-huitième. Car ce sont les Guingampais qui ont fait preuve de la meilleure maîtrise technique et qui ont eu les meilleures occasions, à l’image de cette frappe sur une action individuelle de Thuram sur laquelle Kamara, qui avait été aligné à la défiance générale à la place de Sels - a effectué un bel arrêt. En face, le jeu strasbourgeois était bien trop pauvre. Trop de ballons perdus, trop de déchet technique et surtout trop de longs ballons balancés devant. C’est bien tenté quand on a un garçon comme Ajorque aux avants-postes, mais c’était plus du tir aux pigeons que du foot. 

Il a vite semblé inéluctable que cette finale se jouerait aux tirs au but et c’est exactement ce qui s’est passé. On pouvait penser qu’avec Caillard dans les buts Guingamp partait avec un avantage. Evidemment, rien ne s’est passé comme prévu. Le Racing a fait mouche sur ses quatre tentatives alors que Mendy et Rodelin ont raté la leur pour l’En Avant. On notera le culot de Liénard qui a sorti une Panenka, Carole délivrant les hommes de Laurey en inscrivant le tir au but décisif.

Il faut se souvenir que Strasbourg était encore en CFA 2 il y a sept ans. Ce trophée récompense une ville dont la ferveur pour le foot est énorme - tous les matchs à la Meinau se jouent à guichets fermés et le stade lillois était presque entièrement bleu hier soir - et le fantastique travail accompli par Marc Keller. C’est aussi une belle forme d’hommage aux victimes des attentats qui ont meurtri la ville il y a quelques semaines. En fait, tout me fait plaisir ce soir, sauf le match…

On se retrouve demain après le CFC pour la Ligue 1. 

Pierrot