Saison 2014-2015 : l'équipe type A
Posté par Pierre Ménès le 27 Novembre 2017
Aujourd’hui, j’ai juste envie de vous dire : alors, vous en pensez quoi de cette équipe ?

SUBASIC : Le grand public n’en parle jamais, mais dès que tu discutes avec des entraîneurs ou des spécialistes, tout le monde te dit que le meilleur gardien de Ligue 1, c’est Subasic. Je partage cet avis. Il est extrêmement sobre et si on doit compter les buts où sa responsabilité est engagée, une main est déjà de trop. C’est exactement ce qu’on demande à un gardien. Le Monégasque est désormais une valeur sûre - et largement sous-cotée - de notre championnat. 

JALLET : Il a fait le bon choix en quittant le PSG, où il était en balance avec Van der Wiel. A Lyon il est titulaire, il joue bien et a retrouvé une place en sélection. Après, ça reste Jallet : un excellent footballeur, une participation au jeu de haut niveau, mais parfois un peu de difficulté dans les phases défensives, notamment sur les ballons envoyés dans son dos. Ceci précisé, il est de loin le meilleur à ce poste cette saison. 

MARQUINHOS : Pour moi, il a tout pour devenir l’un des meilleurs défenseurs du monde, ce qu’il est presque déjà. Je ne comprends pas pourquoi Blanc a mis autant de temps à le faire jouer, notamment à la place de Van der Wiel. Il est pratiquement impassable balle au pied tant il va vite, toujours propre dans ses interventions, un jeu de tête incroyable pour son gabarit… Je me souviendrai longtemps du match retour à Stamford Bridge : en 120 minutes, Hazard ne l’a pas passé une seule fois balle au pied. Et puis son état d’esprit est magnifique, il est toujours souriant et content d’être là. 

THIAGO SILVA : On va mettre de côté la première partie de la saison, avec cette déprime post-Coupe du Monde ponctuée par une blessure. Il a ensuite eu des difficultés à retrouver son niveau et puis, on ne sait pas ce qui s’est passé dans sa tête - car c’est évidemment là qu’était le problème - mais il est redevenu O Monstro, avec des matchs d’un niveau énorme. Il est évident que sa sortie après un quart d’heure de jeu à l’aller face au Barça et son absence au retour ont pesé très lourd. 

MAXWELL : J’ai beau chercher un joueur qui lui arriverait à la cheville à son poste en Ligue 1… Je n’en trouve aucun. Au niveau hexagonal, il est à des années-lumière des autres. Techniquement et dans l’intelligence de jeu, entre autres. Après c’est sûr qu’au plus haut niveau européen, Paris aurait peut-être besoin d’un mec avec un plus de punch sur le côté. 

VERRATTI : Le jour où il marquera autant de buts qu’il prend de cartons jaunes, il sera dans le top 5 des meilleurs joueurs du monde. Il est capable de faire des trucs insensés avec le ballon. S’il n’a pas (encore) gommé sa propension à se faire trop souvent sanctionner, il a en revanche quasiment arrêté les passes et les gris-gris dans sa surface. J’ai dit « quasiment »... Et puis, il est désormais plus décisif, il fait jouer l’équipe, bref : un irremplaçable qui n’était pas là lui non plus à l’aller face au Barça…

MATUIDI : Début de saison compliqué sur le plan physique comme pour beaucoup de mondialistes. Puis, petit à petit, il a retrouvé son meilleur niveau et quand il évolue à son meilleur niveau, à ce poste-là il ne laisse pas grand-chose aux autres. Il marque, fait marquer, harcèle, déborde, se replace, compense, pfff… Ce n’est pas le meilleur technicien du championnat, on est tous d’accord là-dessus, mais son activité et sa capacité à perforer les lignes au milieu n’a pas d’égal dans l’hexagone.

PASTORE : Si on fait le bilan depuis son arrivée à Paris, on a : une première saison où il joue neuf et demi, il plante pas mal. Un passage à vide de deux ans, pendant lequel son talent n’a d’égal que sa nonchalance. Et puis cette année, avec une vraie préparation, il s’est vraiment passé quelque chose, même s’il n’est pas encore un monstre de régularité dans les performances. Les jours où il est bien, il a une vraie capacité à transformer le jeu de son équipe en étant un redoutable et très fin passeur. Il faudrait maintenant qu’il marque un peu plus. Mais vu qu’il a prolongé pour trois ans, il a le temps de le faire. 

PAYET : J’ai toujours adoré le jeu de Dimitri, un mec qui met toujours sa dizaine de buts et de passes par saison. Sauf que, jusqu’ici, il était une sorte de joueur de « phase »: 10-12 très bons matchs, puis 5-6 très moyens, puis à nouveau 10-12 très bons matchs etc. Cette fois, il a été beaucoup plus constant et a été, de loin, le meilleur joueur olympien et le meilleur passeur de Ligue 1. S’il confirme la saison prochaine, il a un vrai coup à jouer au poste de meneur des Bleus pendant l’Euro 2016. 

FEKIR : C’est assez rare chez moi, mais cette saison, sur certains gestes, Fekir m’a donné le frisson. De simples contrôles de balle, un changement de direction, un coup de patte… Son but à Montpellier après le relais avec Gourcuff, c’est une action « à la Messi ». Entendons-nous bien, il n’y a aucune comparaison entre les deux, juste sur certaines actions, avec ce gabarit très proche de celui de l’Argentin, ce pied gauche… Il y a une analogie, quoi. En tout cas, il a fait une grosse saison, même s’il a eu un peu plus de mal à la terminer. Ce qui peut se comprendre après sa médiatisation expresse, le choix de la sélection etc. Il faut désormais qu’il confirme, mais il a un talent monstrueux.

LACAZETTE : Honneur au meilleur buteur du championnat. Ce qui est intéressant chez lui, c’est qu’il avait inscrit 21 buts toutes compétitions confondues avec l’OL il y a un an.. Cette saison, il n’a donc fait que confirmer ! Mais de quelle manière. Au-delà de son talent de buteur pur, il sait faire beaucoup de choses sur le plan offensif. Il doit désormais se montrer décisif dans les gros  matchs, ce qu’il n’a pas su faire cette saison. Mais il est l’avenir de l’OL et sans doute même un peu plus que ça…

Certains esprits chagrins auront sans doute noté l’absence - dans l’équipe B comme dans l’équipe A -, d’Ibrahimovic et de Ruffier. C’est un choix qui découle directement de ce simple constat : à ces deux postes spécifiques d’avant-centre et de gardien, d’autres ont réussi de grandes choses cette saison. Ce qui ne minimise en rien la performance du Parisien et du Stéphanois. Quand j’y pense, c’est d’ailleurs assez rigolo d’associer ces deux-là quand on sait que cette saison, l’un a planté à l'autre huit buts en quatre matchs… 

Pierrot