Rennes met le doute à Paris

Posté par Pierre Ménès le 18 Août 2019

Ce dimanche a débuté avec deux matchs pas bien folichons, qui se sont soldés par des nuls. Face à Brest à Geoffroy-Guichard, les Stéphanois ont longtemps affiché leur pauvreté en attaque, entre un Boudebouz qui cherche encore ses marques - et c’est bien normal -, un Khazri totalement hors de forme, un Hamouma en difficulté et un Bouanga qui a essayé sans réussite. Après s’être créé quelques belles occasions, notamment cette frappe détournée par Ruffier sur son poteau ou cette tête de Bain à nouveau déviée par Ruffier sur sa barre, les Bretons ont ouvert le score par Faussurier d’une jolie reprise croisée. Comme lors de leur match inaugural à Le-Blé face à Toulouse, les Brestois ont baissé de pied physiquement et Bouanga, en deux temps, a fini par égaliser. Cela reste un résultat correct pour les hommes de Dall’Oglio et une petite contrariété pour les Stéphanois

Il n’y a pas grand chose à dire du pauvre Reims-Strasbourg de 17h, entre un Racing dépourvu de la moindre ambition dans le jeu du fait de la gestion de son parcours en Europa League - Laurey fait beaucoup tourner et réserve sans doute son équipe type pour le match aller face à Francfort à la Meinau - et une formation rémoise dominatrice en première période mais nettement moins fringante en seconde. Il ne s’est quasiment rien passé dans ce match, avec une seule frappe cadrée de chaque côté pour un triste 0-0 du dimanche après-midi.

Et puis en soirée, Rennes a très logiquement battu un pauvre Paris Saint-Germain. L’équipe de Stéphan avait visiblement bien retenu les leçons de sa victoire en Coupe de France et de sa courte défaite lors du Trophée des Champions. Mené au score après avoir pourtant réalisé un bon début de match sur une faute de relance de Da Silva exploitée par Cavani - on se disait à ce moment-là que sans rien montrer, Paris avait fait le plus dur en ouvrant le score -, Rennes a marqué deux buts à des moments parfaits, juste avant et juste après la mi-temps. D’abord sur un bon centre de Traoré sur lequel Niang enchaîne contrôle-frappe en pivot. Puis, sur une magnifique feuille morte de Camavinga, Del Castillo qui a beau faire 1,72m a coupé de la tête sans opposition.

Sans Neymar, Paris est banal

Ce match, les Rennais l’ont parfaitement joué, avec un Gélin impeccable en défense, un Niang surpuissant devant et surtout Camavinga, qui du haut de ses 16 ans, a illuminé le match de sa classe. Voilà un joueur d’origine angolaise que la France serait bien inspirée de naturaliser au plus vite, parce que lui, il devrait faire une très grande carrière. Le bilan est évidemment beaucoup plus triste et même alarmant pour le PSG. Comme je l’ai dit au CFC, je n’ai pas vu Paris faire un bon match cette saison. Tout se joue sur un faux rythme, il n’y a pas de vitesse dans le jeu. Pas de talent non plus, à part celui de Di Maria sur certaines ouvertures et de Mbappé, encore impressionnant sur quelques accélérations en solitaire sur son côté gauche. 

Et puis Tuchel commence à être fatigant avec cette position hybride de Marquinhos qui pouvait être vue comme une originalité tactique la saison dernière. Sauf que dans les autres clubs, on regarde les matchs. Et on bosse. Et on sait bien que Marquinhos ne peut pas être milieu défensif et défenseur central en même temps. A force d’osciller entre les deux postes, le Brésilien se retrouve parfois nulle part. Il a été en grande difficulté hier soir et on ne peut pas lui en faire porter toute la responsabilité. 

Le constat qu’on peut faire, c’est que sans Neymar, cette équipe est banale. On l’avait déjà noté l’an dernier, au Parc face à Manchester ou lors de la fin de saison. Il ne faut pas s’y tromper, le facteur X de cette équipe, c’est Neymar. Et s’il venait à partir avant la fin du mercato, il faudrait lui trouver un remplaçant de haut niveau. Le Barça a coupé l’herbe sous les pieds parisiens en prêtant Coutinho au Bayern. Il ne reste plus que l’option Dybala. Sans l’Argentin et si Neymar quitte le club, le PSG s’en trouverait fortement affaibli par rapport aux deux saisons écoulées. Comme je pense que l’adversité sera plus forte cette année en Ligue 1 et toujours aussi importante en Ligue des Champions, ce pourrait être une nouvelle année de désillusions pour le club de la capitale…

Pierrot