Portugal - France : l'analyse
Posté par Pierre Ménès le 27 Novembre 2017
Peu de satisfactions individuelles, un blessé grave et une victoire arrachée en fin de match : le bilan de la soirée n’est pas fameux et l’impression que les Bleus font du surplace est toujours là…

Paradoxalement, le plus triste c’est peut-être que l’équipe de France ait gagné ce match. Un bon vieux 0-0 aurait déjà été plus conforme à la réalité de la rencontre et on aurait pu se gargariser du fait de ne pas avoir encaissé de but après l’avalanche de 2015 (8 en 4 matchs jusqu’ici). Or, le coup-franc de Valbuena masque un peu le sentiment général : celui d’un ennui profond.

Ce match était d’une tristesse incommensurable et ce serait d’ailleurs injuste d’en imputer la responsabilité à la seule équipe de France, le Portugal ayant, dans ce domaine, plus qu’apporté sa pierre à l’édifice. Alors c’est vrai que les hommes de Fernando Santos ont un match - qui compte celui-là - lundi face à l’Albanie en qualification de l’Euro. 

Mais clairement, lorsque Ronaldo n’est pas en forme, il n’y a pas grand chose dans cette équipe lusitanienne. Pas de liant, pas de puissance, et surtout ça ne joue pas juste. Entendons-nous bien, ça ne joue pas juste non plus chez les Bleus, mais en même temps quand on voit la compo de Deschamps, ça n’a rien d’étonnant dans la mesure où on jouait avec quatre milieux défensifs ou relayeurs de métier dans l’entrejeu. 

Pogba n’est pas un 10

Avec cette drôle d’idée de vouloir aligner Pogba en meneur, ce qui ne convient ni à son style ni à son gabarit. Ce n’est parce que tu joues milieu axial et que tu es capable de faire des trucs de haut niveau avec le ballon que tu peux occuper ce poste si particulier de numéro 10. Et puis ce dispositif n’a d’intérêt que si les deux latéraux montent comme des dingues dans leur couloir, d’autant que Sissoko et Matuidi sont capables de compenser et verrouiller leur côté respectif. 

Ça n’a pas été le cas, Sagna et Evra restant au garde-à-vous pendant tout le match. Du coup, Benzema - hors de forme et toujours aussi peu investi dans cette équipe - a eu bien peu de ballons à négocier et le pauvre Fekir n’a joué que quelques minutes avant de sortir. Alors on pourra nous dire que seule compte la victoire et que l’EdF s’est procurée les meilleures occasions. Ce qui est vrai.

Il n’empêche : j’ai toujours l’impression qu’on n’avance pas sur les dossiers chauds, excepté la charnière Varane-Koscielny qui a plutôt donné satisfaction. Au milieu, on ne sait toujours pas comment on va faire et devant, si la solution c’est d’enlever un joueur offensif pour renforcer l’entrejeu, ça n’a aucun intérêt. Et ce n’est pas très excitant pour la suite. Espérons voir plus de jeu lundi soir face à la Serbie…

Pierrot