Pays-Bas - France : l'analyse
Posté par Pierre Ménès le 27 Novembre 2017
Que retenir de ce match décousu et de cette équipe de France aux deux visages ? Eh bien pas mal de choses, justement.

Tout le monde l’a constaté : il y a eu deux mi-temps très distinctes lors de ce Pays-Bas - France. La première, archi-dominée par des Bleus opposés à une équipe batave hors sujet et fantomatique. Et la seconde, pendant laquelle l’équipe de France a arrêté de jouer, a commis beaucoup de fautes de concentration et a finalement laissé les Néerlandais revenir à hauteur. Maintenant, la facilité avec laquelle les joueurs de Deschamps ont repris l’avantage en fin de match montre bien qu’il y avait une grosse marge entre deux équipes.

Parmi les joueurs qu’on attendait plus que les autres, il y avait d’abord ceux qui sont en difficulté dans leur club. A savoir Varane, Jallet et Giroud. Globalement, aucun des trois n’a rassuré grand monde hier soir, même si Giroud a marqué. Il y avait surtout Payet, l’attraction de ce match. Titulaire pour sa première sélection après deux rassemblements manqués, le Réunionnais était attendu et jouait une grande partie de son avenir sur ce match. Une sorte de test grandeur nature pour l’Euro.

A mon sens, il l’a réussi haut la main, en étant simplement à son niveau de West Ham. C’est-à-dire disponible, juste techniquement et dans ses choix de jeu, très habile sur tous les coups de pied arrêtés et dangereux dans ses frappes. Avec ce qu’a déclaré Deschamps à son sujet après le match, l’ancien Marseillais peut être raisonnablement optimiste. On a aussi eu droit à l’incorporation de Kanté, qui a mis un peu de temps à se mettre dans le rythme mais qui a ensuite laissé entrevoir les qualités pour lesquelles il est encensé de l’autre côté de la Manche.

Diarra-Pogba-Matuidi, trio de départ pour l’Euro

Côté négatif, le premier constat c’est que la défense dans sa globalité n’a pas rassuré et que le chantier n’avance donc pas. Varane, pas assez tranchant dans ses interventions et parfois hasardeux à la relance, semble en perte de repères. Le constat est un peu différent pour Evra, qui sait que sa place de titulaire à l’Euro est assurée vu qu’aucun de ses concurrents n’est foutu de lui mettre une quelconque forme de pression et se contente de faire le minimum syndical. Enfin à droite, le problème est toujours le même : personne ne s’impose.

Le bilan est un peu plus satisfaisant au milieu. Essentiellement parce qu’on a retrouvé un Matuidi bien supérieur à ce qu’il montrait ces dernières semaines au PSG. Avec Diarra et Pogba, il est évident qu’on tient là notre trio de départ pour l’Euro. Et puis devant, Griezmann commence à dupliquer son état de confiance de l’Atletico sous le maillot bleu et confirme qu’il a l’étoffe pour être le leader offensif de cette équipe. 

Avec ce contexte compliqué entre la minute de silence pour les attentats de Bruxelles et celle d’applaudissements en hommage à Cruyff, je crois que Deschamps peut déjà s’estimer heureux de ne pas avoir vécu un non-match comme en Angleterre en novembre dernier. Et puis, même s’il y a eu beaucoup de choses très contradictoires dans ce match, il a quand même de quoi retirer de cette victoire quelques enseignements très instructifs. On devrait en avoir d’autres mardi, face à la Russie.

Pierrot