Paris sans forcer

Posté par Pierre Ménès le 11 Août 2019

On attendait avec impatience la première sortie du vice-champion de France face à un FC Nantes où Gourcuff était déjà aux commandes sur le banc, en compagnie de Collot. La prestation du LOSC a été assez convaincante même si les joueurs de Galtier ont connu une grosse baisse de régime pendant 20, 25 minutes en seconde période. La première mi-temps a été très bien maîtrisée, avec des joueurs intéressants en particulier le dénommé Osimhen. Ce jeune attaquant nigérian arrivé cet été de Charleroi a ouvert le score en prenant toute la défense nantaise de vitesse avant de croiser sa frappe devant Lafont. 

Mais Çelik a égalisé pour les Canaris en déviant dans son but une frappe non cadrée de Girotto. À ce moment-là, les Lillois ont eu un peu de mal, Maignan a été obligé de s’employer et le jeu était plus laborieux. Mais ils ont mieux fini et Osimhen a marqué son second but de la soirée avec une accélération dans un petit périmètre en pleine surface et une frappe au premier poteau remarquable, dans le plafond. Il y a tellement de clubs qui ne savent pas recruter en France qu’il faut louer le travail de Campos, qui parvient toujours à dénicher des pépites un peu partout. Voilà un club qui bosse, qui réfléchit et avec qui il faudra encore compter cette saison. De son côté, Nantes repart du Nord avec zéro point et l’horrible blessure de Coco, qui s’est sans doute « fait » les croisés. 

Pour Strasbourg, le championnat démarrait par un derby de l’est face à Metz. Les Alsaciens ne débutaient pas vraiment leur saison puisqu’ils ont déjà joué trois matchs de Ligue Europa, le dernier en date jeudi dernier à Plovdiv. Un match trop défensif que je n’ai pas aimé, mais on m’avait expliqué que le match le plus important était celui contre Metz. Sauf que face aux voisins lorrains, Laurey a recommencé, avec huit joueurs à vocation défensive et le seul Thomasson en soutien d’Ajorque. A domicile face à un promu, je suis désolé mais ça ne suffit pas. Pourtant le Racing a livré une première période assez aboutie, avec à la clé un joli but de Thomasson sur un centre de Liénard.

Penalty à la con et cheville de Neymar

Le seul bémol, c’est ce carton jaune reçu par Delaine pour une faute très dangereuse sur Fofana - sorti blessé - qui aurait en fait dû être rouge. C’est incroyable qu’à une époque où les hommes en noir demandent quasiment l’autorisation de la VAR pour aller pisser, les arbitres vidéo n’aient pas alerté monsieur Gautier sur cette action. Bref… Dès le début de la seconde période, Diallo a égalisé d’un joli but et c’est Metz qui s’est ensuite montré le plus audacieux face à une équipe de Strasbourg qui n’a aucune ambition de jeu. L’année dernière, le Racing a souvent séduit par son allant et depuis que Laurey a tout fermé, il n’a gagné que 2 de ses 17 derniers matchs en Ligue 1. Alors évidemment, Mothiba n’est pas prêt, mais Da Costa et Zohi ont très peu joué. Il existe des solutions offensives dans cet effectif, il serait bien de s’en servir.

Et puis en soirée, l’affiche de ce dimanche a opposé le plus gros budget de France au plus petit. Paris a battu Nîmes 3-0 sans forcer, après une première période assez triste de la part des Parisiens, sans rythme ni profondeur. S’il n’y avait pas eu Mbappé, on se serait profondément ennuyés. Le champion de France a ouvert le score sur ce que j’appelle - et que j’appellerai certainement toute la saison - un « penalty à la con ». Comme le disait justement Martinez, il tend le bras pour s’ajuster par rapport à Diallo, Diallo se baisse et la balle touche sa main. Voilà, on verra si ce genre de penalty continuera à être sifflé avec la même constance au fil de la saison. Pour moi, cela dénature le foot. Cavani a transformé sans état d’âme.

La fatigue aidant, le PSG a enfoncé le clou avec une belle demi-volée dans la lunette de Mbappé à la conclusion d’une action Marquinhos-Bernat et un but de Di Maria remarquablement servi par Mbappé, qui a illuminé le match de sa classe. Maintenant, on a vu que sans Neymar, cette équipe n’a pas la même capacité à changer de rythme. Elle fait clairement moins peur. Le Brésilien va-t-il rester ? Et s’il part, sera-t-il remplacé par Dybala ou Coutinho ? Ce serait un moindre mal mais pour talentueux qu’ils soient, ni l’un ni l’autre n’arrivent à la cheville de Neymar. Il serait judicieux de s’en rendre compte…

Pierrot