Paris s'est enfui
Posté par Pierre Ménès le 27 Novembre 2017
Vendredi, le PSG s'est amusé face à Guingamp, mettant au passage la pression sur Lyon. Les hommes de Fournier, qui n'avaient pas le droit à l'erreur, se sont faits punir par Caen et ont dit adieu au titre. En bas, Reims a enfoncé Evian dans le match de la peur.

C'est donc à la 36ème journée que le titre de champion de France 2014-2015 s'est définitivement joué. Le grand écart entre le PSG et Lyon est assez étonnant. Paris a six points d'avance sur son dauphin mais surtout, il a repris un avantage conséquent au niveau de la différence de buts puisqu'il fait + 9 sur les deux rencontres de vendredi et samedi. 

Paris a eu la "chance" (il n'est pas vraiment question de chance lorsqu'on joue la 36ème journée) de jouer contre une équipe de Guingamp sauvée et légitimement démobilisée. Mais de toute façon, depuis leur élimination contre le Barça en Ligue des Champions, les Parisiens font preuve d'une incroyable concentration et dominent largement leurs adversaires. Vendredi, il n'a pas été question de gestion. Les stars parisiennes ont montré beaucoup d'envie, du début à la fin. Au niveau de la récupération du ballon et de la construction du jeu, les coéquipiers de Verratti - absolument exceptionnel au milieu - ont été parfaits. Ils ont marqué très vite et dans ce genre de rencontre, plus le premier but vient vite, plus le match se simplifie. 

Le retour de certains joueurs, la forme croissante des autres et la confiance retrouvée de Cavani sont des facteurs qui créent des écarts monstrueux avec les adversaires du PSG. Face à Guingamp, l'Uruguayen a marqué trois buts et Ibra en a mis deux, en plus de ses deux passes décisives. Forcément, ça aide. Au-delà du résultat, c'est la manière qui a impressionné. Le PSG a offert un spectacle magnifique à son public, qui a vu quinze buts sur les trois dernières rencontres au Parc. Ce nouveau carton donnait six points d'avance aux Parisiens avant le match de l'OL contre Caen. 

 

Caen, la confiance retrouvée

On se doutait que ce duel serait compliqué pour Lyon. Les Gones, handicapés défensivement par l'absence de Jallet, sont complètement passés à côté de leur rencontre. Evidemment, c'est en grande partie à cause de la qualité de l'adversaire. Caen a fait un match magnifique. Par rapport à la grande tristesse de ses prestations en 2014, cette équipe est méconnaissable depuis le début de l'année civile. Elle a pris confiance sur le plan offensif et c'est très agréable. Les joueurs de Caen, même en l'absence de Féret blessé au genou contre Montpellier, savent trouver des espaces et jouer vite. Kanté fait un travail hallucinant au milieu de terrain. Devant, Benezet, double-buteur contre l'OL, est un joueur qui a toujours eu beaucoup de finesse et qui démontre enfin pleinement son talent. Il faut également souligner le rôle de Privat, qui se démène sur le plan de l'attaque.

Caen a donc fait un grand et beau match avec ses moyens et avec intelligence. En face, Lyon n'avait quasiment rien à proposer. Même si Rémy Vercoutre a été très bon face à ses anciens coéquipiers, les Lyonnais n'ont pas réussi à élever leur niveau de jeu durant la rencontre. Les protégés d'Hubert Fournier laissent le PSG prendre le large avec six points d'avance, à deux journées de la fin. Autant dire que pour le titre de champion, c'est terminé.

 

Fête à Chaban, gueule de bois à Evian

Il n'y a presque plus d'incertitude non plus dans le bas de tableau. Reims a remporté sa finale sur la pelouse d'Evian, au terme d'un match très spectaculaire malgré l'enjeu. L'année dernière, Evian avait réussi à déjouer tous les pronostics en allant s'imposer à Sochaux lors de l'ultime journée. Mais hier soir, les Savoyards ont sombré. Ils comptent désormais quatre points de retard sur le premier non-reléguable, à deux journées de la fin. C'est une situation extrêmement complexe. Ce classement est toutefois logique pour ce club sur la corde raide depuis qu'il est en Ligue 1. J'ai bien peur que ce soit plus que compromis pour les hommes de Dupraz.

À l'inverse, les Rémois ont su remporter deux précieuses victoires à l'extérieur qui devraient donc les sauver. Maintenant, il va falloir que cette équipe se souvienne de la deuxième partie de saison pour progresser et enfin franchir un palier. Dans les autres rencontres pour le maintien, Toulouse et Lorient se sont respectivement imposés face à Lille et Metz, officiellement relégué en Ligue 2. Des victoires au goût de sauvetage pour ces deux formations, qui possèdent cinq points d'avance sur l'ETG. 

Enfin terminons par la belle fête à Chaban-Delmas pour le dernier match de Bordeaux dans ce stade mythique. Les supporters ont rendu un bel hommage à Marc Planus à la 27ème minute en l'applaudissant chaleureusement. La victoire, acquise sur un doublé de Rolan, est assez anecdotique mais elle comptera parmi les bons souvenirs des Girondins. C'était un moment d'émotion pour la région, qui sera très vite remplacé par un moment de joie, quand Bordeaux prendra pleinement possession de sa nouvelle et sublime enceinte.

 

Pierrot