Paris prend son temps
Posté par Pierre Ménès le 27 Novembre 2017
Encore un match du PSG sujet à polémique. Ca fait beaucoup ces derniers temps. En revanche, aucun débat quant aux victoires nettes et sans bavure de Nice et de Lyon.

C'est tout de même étonnant qu'après chaque match du PSG, il y ait autant de choses à dire sur le comportement des Parisiens ou l'interprétation de leur comportement. Une chose semble évidente : malgré toutes les qualités que les supporters de Paris peuvent trouver à Ancelotti, le technicien italien n'a jamais réussi à motiver son équipe pour les matchs dits faciles. On l'a vu récemment à Troyes, lors des deux matchs à Evian ou hier soir devant VA.

La première mi-temps du PSG hier au Parc a été un vaste n'importe quoi. Un joyeux mélange d'actions individuelles ratées, de dilettantisme et de maladresse, sanctionné assez logiquement par un but de Danic au quart d'heure de jeu. Paris s'est alors retrouvé mené au score et jusqu'à la fin de la première période, n'a jamais mis dans ce match les ingrédients pour aller conquérir le titre. Et puis il a fallu cet événement pour faire basculer la rencontre dans une autre dimension.

Cet événement, c'est l'expulsion extravagante de Thiago Silva par monsieur Castro. Alors, je vais être extrêmement clair sur le sujet en pesant chacun de mes mots : il est interdit de bousculer un arbitre et ça vaut évidemment carton rouge. Maintenant, en revoyant les images, on constate que la seule chose que fait Thiago Silva sur cette action est de poser sa main sur l'épaule gauche de l'arbitre.

Hilarité, record et Tour Eiffel

Monsieur Castro qui court d'ailleurs dans la direction du défenseur brésilien. C'est plutôt lui qui va percuter le joueur que l'inverse. Alors en aucun cas Thiago Silva peut se permettre de contester les décisions de l'arbitre, d'abord parce que sur le coup l'action ne s'y prête pas et ensuite parce qu'il ne parle pas français. Mais ce qui me choque, c'est la façon dont l'arbitre "gifle" Silva avec son carton rouge et son hilarité au moment où il pousse Alex - beaucoup plus fort qu'il ne l'a été lui-même - pour lui montrer pourquoi il a expulsé son compatriote. En fait, c'était lui la star.

A la lumière de cet événement, je me marre en pensant à tous ceux qui disent au fil des semaines que les Qatariens ont acheté le championnat. Si c'est le cas, alors ils ne l'ont visiblement pas acheté assez cher. Hier soir, le PSG n'a commis que huit fautes dans le match, mais a récolté cinq jaunes et un rouge ! Dans le genre, voilà un record quasi-imbattable...

En deuxième mi-temps évidemment, Paris a poussé mais, avec un Pastore qui a dû perdre neuf ballons et demi sur dix et un Lavezzi qui raterait le cadre entre les pieds de la Tour Eiffel, il a fallu une belle tête d'Alex sur corner pour que le PSG arrache un nul qui ne remet rien en cause pour l'obtention du titre, mais laisse une impression assez gênante quant au comportement et à l'investissement des Parisiens dans les "petits matchs".

Mais il y a autre chose qui me gêne, ce sont certaines décisions d'arbitrage dont les Parisiens sont parfois victimes, surtout quand ça touche des joueurs comme Thiago Silva, qui est d'une correction exemplaire et qui est plutôt un exemple pour tous. Je trouve donc cette expulsion très choquante, voire scandaleuse. Reste à voir ce que la commission de discipline va décider mais quoi qu'il en soit, ça pose question.

Concurrence déloyale

Dans l'après-midi, contrairement à Saint-Etienne et Lille, Nice et Lyon ont gagné. A l'extérieur et sur le même score : 3-0. Les Niçois ont disposé d'une équipe de Rennes totalement démobilisée, avec un péno et un but de Renard de Cvitanich, et un magnifique troisième but de Bauthéac. Et avec l'expulsion de Mavinga, qui lui pousse bel et bien Cvitanich dans le dos et en touche.

Et c'est bien là l'erreur de Mavinga. Car l'arbitre avait sifflé faute contre le buteur argentin. Après, que celui-ci s'effondre sur cette poussette comme s'il était mort poignardé dans le dos, ça aussi c'est un comportement qui me gonfle. Malgré toutes ses qualités et son excellente saison, l'ancien joueur de l'Ajax n'en est pas à son coup d'essai en terme de provocation envers un adversaire.

Et puis Lyon avait un match plus compliqué face à une équipe de Nancy en pleine lutte pour sa survie. Mais les Lorrains n'ont existé que par des coups de boutoir sur coups de pied arrêtés, après l'ouverture du score de Gomis qui n'a mis que deux minutes à marquer après son entrée en jeu. Je rappelle que Bafé avait quand même planté 11 buts lors des matchs allers. Ensuite, il a été victime d'une concurrence interne que je trouve déloyale.  

Gourcuff is back

Jamais cette saison Lisandro n'a évolué à son vrai niveau et en s'entêtant avec l'Argentin, Garde a fait perdre confiance à Gomis. On sent bien, à travers sa célébration sur son but ou son interview d'après-match, qu'il en a gros sur la patate et que cette fois, il a bien compris qu'il ira voir ailleurs à la fin de la saison. En attendant, il fait le job avec ce doublé et notamment ce deuxième but plein de finesse.

Et puis on notera aussi le retour en forme de Gourcuff, qui a joué son quatrième match consécutif comme titulaire et qui a marqué deux buts lors des deux dernières rencontres, assortis d'une passe décisive. Clairement, l'ancien Bordelais est de retour. Ce serait assez savoureux qu'il participe activement à l'obtention d'une place en Ligue des Champions pour l'OL, après avoir été considéré - à juste titre parfois - comme le boulet du club.

En tout cas, il revient bien et Lyon aussi. L'OL a semblé avoir plus de maîtrise dans son jeu que lors des dernières semaines. Tout ça fait que le Lyon-PSG de dimanche prochain à Gerland s'annonce assez chaud. Et cette fois, vous verrez que, comme par hasard, les Parisiens auront un tout autre comportement qu'à Evian, à Troyes ou contre Valenciennes.

Pierrot