Paris, la balade en marchant
Posté par Pierre Ménès le 27 Novembre 2017
Paris malmené, Paris bousculé, Paris inquiété... mais Paris a gagné. Ce Classico de très bonne facture s’est joué sur une histoire de pénos…

J’étais absolument convaincu que Marseille allait offrir au PSG une bien meilleure opposition que ce qu’il nous a offert ces derniers temps. Comme contre Lyon, l’OM est parvenu à hausser son niveau de jeu face à un adversaire huppé. Avec la prestation réalisée hier soir au Parc, les Phocéens doivent prendre conscience qu’en mettant ces ingrédients dans les matchs à leur portée, ils vont vite remonter au classement. Maintenant, je ne m’attendais pas à une prestation d’une telle qualité de la part des hommes de Michel. 

Notamment lors des vingt premières minutes, pendant lesquelles ils ont asphyxié le PSG, avec ce 4-2-3-1 où Cabella et Barrada ont beaucoup travaillé à harceler le duo Verratti-Motta, qui a eu du mal - surtout Motta - à évoluer à son niveau habituel. Du coup, les Olympiens parvenaient assez facilement à amener le ballon dans les trente derniers mètres parisiens, sans pour autant se créer de grosses occasions. Au bout de ces vingt minutes initiales, le PSG a réussi à reprendre le contrôle du match, mais c’est à ce moment-là que l’OM a frappé.

En reprenant de la tête derrière un David Luis coupable - et qui a connu d’énormes difficultés pendant toute la première période - un excellent ballon travaillé de Barrada, Batshuayi a permis à l’OM d’ouvrir le score et de gérer assez bien la réaction quasi-immédiate des Parisiens. Mais c’était pour mieux se suicider juste avant la mi-temps, en trois minutes chrono et deux penaltys provoqués. Le premier consécutivement à une envie de bien faire et un excès de zèle de Batshuayi, qui est allé tacler un ballon sur la ligne de touche à 50 mètres de son but pour l’envoyer directement sur Ibra qui traînait devant la surface. Un penalty indiscutable, la réaction évocatrice de Mandanda en voyant les images pendant le debrief valant tous les discours.

Le second est arrivé suite à cette main de Rolando - auteur lui aussi d’une mi-temps cauchemar - qui a « agrandi sa surface corporelle » et est tout aussi indiscutable. Les deux ont été transformés par Ibra - deux fois pour le second - ce qui permet au Suédois de devenir le meilleur buteur de l’histoire du club. Alors, je me suis pris le bec avec Duga pendant le CFC à ce sujet, je trouve qu’on est un peu sévère avec lui alors qu’il est à quatre buts et deux passes en cinq matchs et que les pénos d’hier soir, c’est lui qui les provoque ! 

Caen, l’autre bonne surprise

Et pendant ce temps-là, on passe sous silence les très tristes prestations du soir de Cavani et surtout de Di Maria, qui a pratiquement tout raté. Il faut se rendre compte : marquer 110 buts et faire 39 passes décisives en 137 matchs de championnat, c’est juste prodigieux. Surtout en un peu plus de trois saisons seulement. C’est une performance hors norme pour un joueur hors norme, qui capte toute la lumière lorsque cela va bien, mais aussi lorsque cela va mal. Et dans les deux cas, c’est parfois injuste.

Mais il n’y avait pas que le Classico hier. A Lorient, les deux équipes ont eu la bonne idée, sur un terrain synthétique et sous des trombes d’eau, de lever le ballon. Du coup, quatre des cinq buts ont été inscrits de la tête et les Merlus signent donc face à Bordeaux une quatrième victoire en cinq rencontres qui les ramène dans le haut du classement. Un match joué à l’énergie dans des conditions difficiles mais plutôt agréable à suivre. 

De son côté, Sainté est en train de nous faire une « Sainté » : cinq victoires consécutives, puis deux défaites consécutives (série en cours). Les verts ont fait un non-match à D’Ornano devant une équipe de Caen qui attaque et possède de vrais joueurs de ballon. Quand on a des mecs qui ont la qualité technique de Féret au milieu, ça aide pas mal. Tout comme avoir un finisseur tel que Delort qui, non content d’avoir marqué le seul but du match, a fait vivre l’enfer à la défense stéphanoise tout au long du match. Avec Nice, Caen est l’autre bonne surprise de ce début de saison en termes de jeu. 

Et puis Rennes est allé faire match nul à Monaco, le minimum que les Bretons pouvaient espérer, entre les deux grosses occasions ratées par Doucouré et le penalty manqué. Monaco a donc beaucoup de chance de s’en tirer avec ce nul. L’ASM est la 20e équipe de L1 à domicile et on s’aperçoit que la défense n’est plus ce qu’elle a pu être, que le milieu ne fonctionne pas et que l’attaque ne marque pas. Dans ces conditions, c’est quand même assez compliqué de gagner des matchs. Chaque semaine on dit que Monaco doit se ressaisir et chaque semaine, on constate que ce n’est pas le cas. 

 

Pierrot