Paris lésé et freiné
Posté par Pierre Ménès le 2 Décembre 2018

On a eu droit à un riche dimanche, sauf à Marseille où l’OM a livré un match d’une grande pauvreté, surtout en deuxième période. Avant le repos, il y a eu quelques occasions : une double pour Gustavo et Ocampos à la 6e minute, une tête de Rami, un bon coup-franc de Payet. Après, c’est tout juste si Reims, super bien organisé sur le plan défensif, n’a pas failli l’emporter. Notamment sous l’impulsion de l’excellent Doumbia qui est une vraie pile et a posé beaucoup de problèmes à la défense marseillaise. 

Une équipe olympienne qui, il faut le signaler, a joué sans aucune de ses recrues estivales, la preuve d’un échec patent. Avec un énième changement tactique signé Garcia. Vous me direz que Tuchel change lui aussi très souvent de système. Sauf qu’il possède des joueurs dans son équipe qui ont eu une culture tactique supérieure. Cet OM n’a jamais su mettre de la profondeur dans son jeu, semblait sans idée et sans fond de jeu. Alors évidemment, au classement les Olympiens restent dans le coup pour le podium. Mais l’impression laissée est quand même plus que médiocre. 

Avant cela, je vous avoue que j’ai regardé au départ sans grande envie un Toulouse-Dijon peu alléchant mais qui s’est avéré au final plutôt sympa à regarder. Avec une question : comment le DFCO a-t-il fait pour ne pas gagner ce match ? Réduit à dix après l’expulsion de Reynet venu crocheter Tavares en dehors de sa surface dès la 6e minute de jeu, mené 2-0 à 20 minutes de la fin sur des réalisations d’Aguerd et Abeid, le TFC est parvenu à revenir au score grâce à un joueur que Casanova a tout intérêt à conserver dans le formol car s’il se blesse, il n’y a plus d’attaque à Toulouse : Max-Alain Gradel. L’Ivoirien a d’abord réduit la marque sur une action où il dribble quatre joueurs avant de conclure d’un superbe ciseau sur le centre de Dossevi, avant de servir Leya Iseka pour l’égalisation. Un nul inespéré pour Toulouse et frustrant pour Dijon qui, en outre, n’arrange aucune des deux équipes.

Strasbourg, qui n’avait pas gagné depuis un petit moment, s’est réveillé en sursaut à Rennes en dominant une équipe bretonne informe et qui avait pourtant attaqué ce match d’une façon magnifique avec un but sublime de Sarr, d’une frappe enroulée dans la lunette. Mais ensuite, les fautes défensives se sont accumulées, un ballon perdu par Del Castillo a été immédiatement exploité par Lala dont le centre en retrait a été repris par Thomasson. Un premier penalty pour un coup de savate de Da Silva sur Martinez, puis un second pour une faute énorme de Mexer sur Mothiba et un quatrième but d’une talonnade signée Martinez ont enfoncé l’équipe de Lamouchi. Et en plus, le Racing a eu d’autres occasions et son fond de jeu était infiniment meilleur que celui de Rennes, qui joue toujours sans avant-centre. Même quand tu joues contre une défense privée de Mitrovic mais qui reste solide, ce n’est pas possible de marquer plusieurs buts sans avant-centre. C’est un vrai manque dans le recrutement rennais. 

Zones d’ombre au PSG

Et puis en soirée, Paris a abandonné ses deux premiers points à Bordeaux, face à des Girondins qui ont fait un match costaud, plein d’agressivité, d’impact et d’envie. Bref, tout ce qu’on n’a pas l’habitude de voir habituellement chez des Bordelais qui sont revenus deux fois au score, grâce un joli but de Briand bien servi par Karamoh puis sur une tête de Cornelius sur laquelle Areola fait une grosse faute de main. Le moins qu’on puisse dire, c’est que le champion du monde souffre de la comparaison avec Buffon…

Malgré cela, le PSG aurait dû l’emporter assez largement. Hormis les buts de Neymar et Mbappé, les Parisiens ont tapé deux fois les montants par Di Maria et surtout, ont été floués de deux penalties évidents. Ce n’est pas la première fois que je le dis, monsieur Schneider et les pénos, ça fait douze. En général, quand il siffle penalty il n’y a rien et quand il oublie de siffler, il y avait péno. Cette fois, il n’est pas l’unique responsable. Il y a quand même des mecs dans la cabine. Comment est-ce possible qu’ils ne signalent pas la faute de Koundé sur Neymar et celle de Costil sur Choupo-Moting ? 

Quand le PSG a une décision litigieuse en sa faveur, on a le droit pendant huit jours à "l’argent sale du Qatar qui achète le championnat". Mais là, ça devrait passer aux pertes et profits sous prétexte que, vous comprenez, ils ont tellement d’avance… Je ne suis pas d’accord. Un match de foot doit être arbitré normalement. Hier soir, Paris a été lésé de deux penalties absolument évidents. Cela ne change pas grand chose au classement et n’enlève rien à la qualité de la prestation girondine mais cela n’avait pas lieu d’être.

Il y a aussi des zones d’ombre au PSG. La sortie de Neymar, à nouveau touché aux adducteurs et qui sera certainement absent contre Strasbourg et peut-être même Montpellier. Mbappé qui, même s’il a marqué, semble toujours gêné par son épaule - il suffisait de le voir sortir à la fin du match avec le bras droit tout raide. Et puis Cavani qui n’a pas joué. Tuchel a expliqué avec beaucoup de diplomatie qu’il avait beaucoup joué et qu’il fallait effectuer une rotation. Mouais. Il est sorti à l’heure de jeu contre Liverpool et puis s’il voulait vraiment le reposer il aurait pu le laisser à Paris et lui éviter un voyage. Enfin bon, comme à Paris tout va plutôt très bien, il faut bien trouver des petits trucs...

Pierrot