Paris est maudit
Posté par Pierre Ménès le 27 Novembre 2017
Victime d'une improbable hécatombe, le PSG a encore raté l'occasion de prendre la tête du classement. Mais le pire, c'est que l'effectif est salement décimé avant Chelsea...

Cela fait 31 ans que je suis dans le foot. Jusqu’à hier, je n’avais jamais vu une équipe avoir cinq blessés en cours de match. C’est une grande première. Laurent Blanc a dit il y a quelques jours que Mourinho était un génie. Il ne pouvait pas se douter que le Mou était également un sorcier capable de marabouter le Parc. Pendant que Chelsea, qui a eu la bonne idée de se faire éliminer en Cup par une équipe de D3, a six jours pour préparer ce match, Paris a donc laissé 50% de ses joueurs de champ sur le carreau face à Caen.

Et si je dis cinq, c’est parce que le remplacement de Matuidi, qui pouvait sembler superflu et totalement aberrant sur le coup après les sorties de Cabaye et Marquinhos, était en fait lui aussi dû à une blessure, même si l’optimisme semble de mise pour le milieu parisien en vue du match de mardi. On n’oubliera pas de signaler les deux blessés côté caennais, ce qui nous fait donc un joli total de sept blessés sur ce seul match ! 

Une hécatombe qui a évidemment pesé sur le scénario de ce match. A 2-0, mais sans plus aucun remplacement possible, Paris s’est d’abord retrouvé à dix avec la sortie d’Aurier puis à neuf après la sortie pour des douleurs aux adducteurs de Lucas. Caen a alors tenté sa chance et a égalisé à l’entrée des arrêts de jeu sur une action entachée d’une main. Mais l’arbitre a été cohérent sur cette action puisqu’il n’avait pas sifflé deux minutes plus tôt une main analogue de Verratti. Soit il sifflait les deux, soit aucune. Il a choisi la seconde option. Ça me va.

Qu’on mette en doute mon objectivité ? Rien à carrer !

Et puis il y a eu le coup-franc de Bazile en toute fin de rencontre qui a donc transformé un après-midi qui s’annonçait tranquille en cauchemar absolu pour les Parisiens. Car si Cabaye et Aurier n’auraient sans doute pas été titulaires face à Chelsea, Marquinhos et Lucas eux, étaient prévus sur la pelouse mardi au Parc. Il n’y seront vraisemblablement pas. Et ce n’est même pas étonnant. Je veux dire, qui peut s’étonner de ça quand on voit que le PSG n’a pas le droit de sacrifier une compète ? 

Chaque match nul, chaque victoire étriquée est tout de suite considéré comme un séisme ou un foutage de gueule de la part du « club des milliardaires ». Du coup, Paris se retrouve à devoir jouer tous les trois jours toute la saison, Marquinhos a tout joué depuis un mois, Lucas aussi, Aurier revenait de la CAN… D’aucuns diront qu’il était risqué de les faire jouer mais la question est : Laurent Blanc avait-il le choix ? 

Certes, il y a Chelsea mardi, mais ceux qui vont manquer Chelsea vont aussi manquer la suite. Sachant qu’au match retour, les Blues auront à nouveau six jours de repos pour préparer le match pendant que le PSG jouera en Coupe et en championnat. Alors je veux bien qu’une fois de plus, on s’acharne sur Blanc - le plus mauvais entraîneur de l’Univers - et même qu’on mette en doute mon objectivité, rien à carrer. Mais pour le coup, il n’y peut absolument rien si cinq de ses joueurs se blessent en une heure de jeu.

Balle de break 

Maintenant le fait est qu’une nouvelle fois, Paris a manqué l’occasion de prendre la tête du classement. Car vendredi soir, l’OM s’est fait rejoindre dans les ultimes minutes sur une tête de N’Gog. Les Marseillais ont pondu une première mi-temps catastrophique avant de maîtriser beaucoup mieux la seconde. Au point de renverser la situation en quelques minutes, entre la frappe contrée de Payet et un but à l’affût de l’indispensable Ayew.

Mais Bielsa a effectué des changements assez bizarres, replaçant Ayew sur un côté alors qu’il étincelait dans l’axe et faisant entrer deux jeunes - Tuiloma et Aloe - pour conserver le score. Est-ce ce qui a coûté la victoire aux Olympiens, on ne le saura jamais. Toujours est-il que la mauvaise série de l’OM se poursuit et c’est du pain béni pour l’OL, qui aura une balle de break à servir ce soir sur le synthétique du Moustoir. 

Quant aux matchs de la soirée, ils ont confirmé les difficultés de Lens, battu par un joli doublé de Duhamel, mais aussi l’inexorable chute du Stade Rennais - logique quand tu ne gagnes pas un match. Nantes, battu par Bastia à la Beaujoire et qui ne marque jamais un but, va continuer à souffrir de ce terrible mal jusqu’à la fin de la saison. Quant à Lille-Nice, ça s’est terminé comme prévu avec un bon vieux 0-0.

 Pierrot