Paris devra patienter

Posté par Pierre Ménès le 7 Avril 2019

Cette 31e journée de championnat n’aura pas été banale, puisqu’aucun des six premiers du classement n’a gagné ce week-end. Lille et Reims en faisaient partie et se sont neutralisés à Delaune dans un match horrible en première période entre une équipe de Reims qui en avait pris quatre à Strasbourg et ne voulait surtout pas se faire punir par l’attaque lilloise et une équipe du LOSC un peu plus prudente que d’habitude. On a donc eu droit à un non-match pendant une mi-temps et ça s’est un peu enflammé après le repos avec l’ouverture du score de Fonte sur un joli coup de tête, avant qu’Oudin, à la limite du hors-jeu, n’égalise d’un plat du pied gauche. 

La VAR est ensuite entrée en scène en décidant de ne siffler ni la main d’Oudin dans sa surface ni celle de Soumaoro dans la sienne. Moi, qu’on ne donne penalty ni sur l’une ni sur l’autre de ces actions, ça ne me choque pas. Mais dans ce cas, pourquoi y a-t-il eu penalty pour le PSG sur la main de Pallois face à Nantes en Coupe de France, pourquoi y a-t-il eu penalty pour Manchester au Parc ? Le problème, c’est qu’il n’y a aucune uniformisation de l’arbitrage à ce niveau-là, que ce soit au niveau national ou international. Parce qu’il n’y a aucune directive précise en ce sens. Cela devient intenable pour les arbitres et impossible pour les joueurs, qui ne savent jamais s’ils vont être sanctionnés ou pas en cas de main involontaire. 

Très objectivement, je m’attendais à un match épouvantable entre Toulouse et Nantes et finalement, ça n’a pas été si mauvais que ça. Il s’est même passé pas mal de choses, entre le penalty de Gradel repoussé par Tatarusanu, le coup-franc de Boschilia sur la barre et le but de Sylla qui a bien repris une tête de Jullien sur le montant. Les deux équipes ne sont pas en danger mais la série noire de Nantes est assez terrible. 

A part ça, eh bien Nice nous a fait une « Nice » avec une neuvième victoire 1-0 cette saison, face à Montpellier cette fois. Le jeu niçois est cohérent mais l’attaque est d’une faiblesse ahurissante. Il y a bien Saint-Maximin qui fait ses bigoudis seul dans son coin, mais il n’y a pas grand chose à l’arrivée. De beaux dribbles, oui, mais la finition laisse toujours autant à désirer. Les Héraultais eux, s’effritent doucement mais sûrement dans ce championnat. Là aussi, je pense qu’il y a un manque de qualité qui, au fil des journées, devient rédhibitoire.

Paris, copie informe

Du coup, avec le match nul de Lille on attendait le sacre du PSG en soirée, au Parc. Très franchement, à la lecture de la compo de départ de Tuchel, je ne m’attendais pas forcément à une victoire parisienne. Parce que je pense que Paris ne jouerait pas le titre s’il avait aligné cette équipe toute la saison. En première période, le champion de France n’a pas respecté le football. Comme il l’a reconnu après le match, Tuchel a eu tout faux sur sa tactique de départ avec ce milieu en carré où Alves et Bernat étaient trop à l’intérieur du jeu. Après vingt minutes positives et l’ouverture du score de Choupo-Moting, Paris a complètement déjoué. 

Sur le premier but strasbourgeois, la première passe élimine neuf parisiens et derrière, le contre est très bien mené par Carole qui sert Da Costa. La splendide frappe fouettée de Gonçalves a ensuite donné l’avantage au Racing et le PSG montrait une copie toujours aussi informe. Evidemment, à la mi-temps, Tuchel a remis les choses à leur place. Bernat est reparti à gauche et Alves à droite, mais c’est surtout l’entrée de Mbappé qui a changé la visage de ce match. Autant je comprends le coach allemand quand il dit que Mbappé avait besoin de souffler après neuf matchs, autant je pense que Paris ne peut pas se passer de lui en ce moment. 

Il est d’ailleurs à noter que, si Paris avait dû jouer en Ligue des Champions la semaine prochaine, il aurait évolué sans Neymar, Cavani, Marquinhos, Di Maria et Meunier. Paris qui aura besoin d’un nul à Lille la semaine prochaine et en cas de défaite au stade Pierre-Mauroy, ce sera pour le prochain match au Parc, quand l’équipe aura récupéré des forces vives. Parce qu’il n’est quand même pas normal qu’un club qui a un tel budget ne soit pas capable d’aligner plus de seize joueurs sur son banc de touche. C’est vrai qu’il y a énormément de blessés, mais bon. On dit généralement qu’un grand club doit doubler tous les postes et c’est loin d’être le cas au PSG cette saison. 

Pierrot