Paris, 19 ans après
Posté par Pierre Ménès le 27 Novembre 2017
C'est fait ! Paris est champion de France après sa courte victoire à Lyon. Une soirée marquée par des célébrations parisiennes assez déconcertantes...

On a vu en huit jours tout ce qu'est ce PSG champion de France 2013 : c'est-à-dire insuffisant et suffisant contre les petites équipes de Ligue 1 et implacable dans les gros matchs. Le succès parisien à Gerland ne souffre aucune contestation, même si l'OL a fait un excellent premier quart d'heure, en essayant de mettre beaucoup de rythme. Il se trouve malheureusement que l'effectif lyonnais, avec ses blessures, ses méformes et ceux qui sont partis, manque cruellement de joueurs capables d'animer une attaque sur un côté.

Ca s'est senti très vite car passé ce premier quart d'heure prometteur, les Lyonnais n'ont plus jamais réussi à étirer, à étouffer et à faire commettre des erreurs de relance à cette équipe parisienne. A partir du moment où Paris a mis le pied sur le ballon, le match a totalement tourné. Le PSG a alors eu la maîtrise du jeu et a logiquement ponctué cette domination par un joli but de Ménez. Le but du titre. Et sans quelques arrêts du prometteur Lopes, Paris aurait même pu alourdir le score.

Dans ce match autrement plus difficile que celui de la semaine dernière au Parc devant Valenciennes, le PSG a montré l'écart important - qui pourrait devenir abyssal dans les saisons à venir - entre lui et les autres. A la fin du match, la fête a été à l'image du club cette saison : belle et étrange. Belle comme les larmes de Jallet ou la joie immense de Sakho, qui pourrait ressentir une certaine frustration mais qui a été impeccable, dans l'état d'esprit comme sur le terrain.

Etrange avec ces images un peu bizarres, de ce sitting sur la pelouse - qui rappelait celui des Bleus après la finale de l'Euro 2000 - où seuls les joueurs français étaient présents à cette prise de bec Ibra-Leo dans le vestiaire, a priori imputable à un contrôle anti-dopage pour le Suédois. C'est tout ce qui fait de ce PSG une équipe parfois irritante, parfois franchement emballante. Mais je reviendrai un peu plus longuement sur ce sujet demain, dans un autre post.

Le chef-d'oeuvre de Khlifa

Car il y avait deux autres matchs très importants hier, deux matchs qui font que cette défaite n'est finalement pas si dramatique pour l'OL. D'abord parce que Saint-Etienne a failli à Lorient. Les Verts ont semblé à bout de souffle et payent - je suis désolé d'insister là-dessus - cette victoire en Coupe de la Ligue et cette émotion d'un titre après tant d'années. Depuis, on a l'impression que plus rien n'est pareil pour Sainté.

Les Stéphanois ont été dominés par les Merlus, ce qui est d'autant plus incompréhensible que Lorient restait sur sa fessée reçue à Evian en Coupe de France. Mais visiblement, il n'y a plus beaucoup de gaz chez les Verts, à l'image d'un Mollo hors du coup. On peut d'ailleurs se demander devant ce manque de fraîcheur pourquoi Hamouma joue si peu.

Et puis, pour une équipe proche de la relégation, gagner deux fois de suite 4-0, se qualifier pour une finale de Coupe de France et sortir de la zone de relégation, le tout en trois jours, ce n'est franchement pas banal. Les Hauts-Savoyards ont totalement dominé une équipe de Nice aux abonnés absents. Hormis le but justement refusé - le ballon n'avait clairement pas franchi entièrement la ligne - de Cvitanich, les Aiglons ont été inexistants.

Ils ont encaissé un premier but, sur lequel Bérigaud réussit un contrôle orienté aérien de toute beauté, avant d'être clairement inattentifs sur le second et le troisième. Et puis il y a eu ce chef-d'oeuvre de Saber Khlifa. Un lob de 64 mètres avec un ballon qui ne touche pas le sol avant de toucher les filets : magistral. Réussir une frappe de cette qualité juste à la sortie d'un duel, c'est un truc qui ne lui arrivera qu'une fois dans sa carrière. Ce qui est sûr, c'est que son but va être ajouté à la liste des plus beaux buts de l'année pour les Trophées UNFP et il a de grandes chances de coiffer tout le monde au poteau.

Voilà, comme je vous le disais je posterai un autre papier dans la journée où il sera question de savoir si le PSG est un beau champion.

Pierrot