OM – ASM : montrer les muscles
L’affiche de la 23e journée, (21h, Canal +), oppose l’Olympique de Marseille à l’AS Monaco. Une rencontre importante pour la lutte à la deuxième place et la qualification directe en Ligue des champions. Une rencontre peut-être capitale pour l’OM qui doit montrer que le projet est désormais capable de passer à la vitesse supérieure, face au Champion de France en titre.

Après la gifle reçue à l’aller (6-1), fin aout, il était difficile d’imaginer l’OM devant l’ASM quelques mois plus tard. Pourtant, force est de constater que l’OM a su faire face contre vents et marées pour ne pas couler et mieux, trouver une force collective remarquable dans la difficulté. Rudi Garcia a su répondre à chacun des problèmes, sur le terrain comme en dehors, et l’OM est aujourd’hui l’équipe qui semble la plus en forme pour s’installer à la place de dauphin du PSG. Presque tous les voyants sont alors au vert, tandis que l’ASM traine toujours son spleen post mercato estival, presque car une faiblesse de taille est toujours perceptible avec cet OM, incapable de gagner contre un concurrent direct.

Face au PSG ce n’est pas passé loin (2-2), à Lyon non plus malgré le score (2-0), mais l’OM ne parvient pas à achever ceux qui lui disputent désormais la suprématie de « l’autre championnat ». Pour viser la 2e place, Marseille se doit de se trouver une identité de jeu plus ambitieuse, qui passe peut-être par l’intronisation durable de Morgan Sanson à la place de Zambo Anguissa. Le retour en forme de Germain est également une bonne nouvelle pour des phocéens qui semblent avoir fait le deuil de Kostas Mitroglou. La bonne forme de Germain est d’autant plus importante que l’OM sait que pour viser les sommets, il se doit d’avoir un attaquant efficace, capable de marquer 15 à 20 buts par saison. On dit souvent qu’une bonne équipe est composée d’une colonne vertébrale forte, avec Rami, impérial derrière (L’OM n’a encore encaissé aucun but en 2018), Gustavo qui s’est imposé comme le patron de cette équipe, et Germain qui revit doucement, l’OM peut légitimement nourrir des ambitions de Ligue des champions.

Monaco déplumé, mais pas résigné

Il ne sert pas à grand-chose de revenir sur le mercato estival du côté du Rocher et la fièvre vendeuse de son propriétaire russe, mais il est impossible de ne pas repenser à cela lorsque l’on voit les difficultés actuelles de l’ASM. Il ne semble en aucun cas que les joueurs aient lâché leur entraineur, mais le talent immense et l’audace qui caractérisaient cette équipe sont partis en fumée. Jorge n’a pas remplacé Mendy, Jovetic, Balde Keita, Diakhaby, Lopes n’ont pas remplacé Mbappé et Bernardo, et Falcao malgré un début de saison extraordinaire paye aujourd’hui son manque de soutien offensif. Attention cependant, car lorsqu’un buteur de cette trempe ne marque pas deux matches de suite, en général sa volonté de faire trembler les filets s’en trouve décuplée. Et Falcao, à l’image de ses partenaires, sait montrer les muscles lorsque la situation devient critique, en terminant fort les matches.

La semaine qui arrive sera décisive pour Monaco. Avec le déplacement au Vélodrome ce dimanche soir, puis la réception de Montpellier mercredi en demi-finale de la Coupe de la Ligue, l’ASM pourrait connaître une fin de saison morose en cas de désillusion. Culotté, le board monégasque a même demandé une Coupe nationale à Leonardo Jardim. Toujours est-il que l’ASM, Champion de France en titre, voudra ce soir montrer que l’époque de la supériorité face à l’OM n’est pas révolue et si l’OM part favori sur la forme du moment, les résidus de la grande équipe monégasque version 2016-2017 peuvent encore faire des dégâts importants.

Emmanuel Trumer