Monaco rate le break
Posté par Pierre Ménès le 24 Février 2018

Cette 27e journée a commencé vendredi avec une bouillie de football à la Meinau, sur une pelouse absolument innommable, entre une équipe classée 14e qui a essayé de battre une autre classée 5e. Car soyons clairs, Montpellier est venu en Alsace pour jouer le 0-0 : à neuf derrière et en bétonnant comme une équipe de National 3. Je trouve ça désolant. Alors comme on me le disait il y a trois mois avec Nantes, les supporters héraultais vont me rétorquer : « Tu nous fais marrer, t’as vu les résultats ? Tu voudrais qu’on se jette à l’abordage ? » Se jeter à l’abordage, non. Mais essayer de gagner le match, c’est quand même le minimum non ? Surtout quand on est 5e au classement et qu’on se déplace chez un candidat au maintien. Bref, c’est tout ce que j’ai envie de dire sur ce pauvre match.

Ce jeu ultra défensif et stérile a longtemps caractérisé le Téfécé, mais samedi après-midi au Stadium, face à Monaco, les Toulousains ont montré qu’avec de l’enthousiasme, de l’engagement et une volonté offensive plus développée, ils n’étaient pas plus idiots que les autres et étaient eux aussi capables de marquer des buts. Après avoir très bien débuté le match et ouvert le score rapidement par Rony Lopes, les hommes de Jardim se sont montrés un peu suffisants et ont laissé Toulouse revenir une première fois au score. Les Monégasques ont repris l’avantage d’entrée de seconde période, ont enfoncé le clou à 20 minutes du terme par Jovetic et semblaient se diriger tranquillement vers une énième victoire.

Mais après avoir refusé un but de la tête de Sanogo pour une faute de Diop sur Glik - le genre de faute qui ne se siffle jamais - juste avant le troisième but monégasque, Monsieur Millot a fait jouer la compensation en accordant un penalty inexistant aux Toulousains. Et à trois minutes de la fin, c’est Sanogo qui a égalisé d’une jolie frappe en pivot. L’ancien d’Arsenal, longtemps blessé, revient de nulle part et recommence petit à petit à retrouver un niveau physique et technique intéressant. C’est un coup d’arrêt pour l’ASM qui peut craindre de voir Lyon et - qui sait ? - Marseille se rapprocher au classement. Un match qui montre aussi aux Toulousains qu’ils peuvent jouer au foot aussi bien que d’autres, à condition de le vouloir.

Rennes et la malédiction du « match-bascule »

En soirée, Nantes s’est fait surprendre à la Beaujoire par Amiens sur un magnifique but de Kakuta. Malgré une domination assez monstrueuse en seconde période, les Nantais qui n’ont pas le talent offensif nécessaire pour renverser ce genre de situation, n’ont jamais pu égaliser. De son côté, Rennes a logiquement battu une équipe de Troyes en grosse difficulté depuis quelques semaines. Le premier acte était d’un ennui abyssal mais après le repos, les Bretons ont accéléré et fait la différence avec un penalty pour une faute sur Sarr transformé par Khazri et un extérieur pied gauche de Prcic. Les Rennais vont donc jouer la semaine prochaine le fameux « match-bascule » sur lequel ils se plantent systématiquement. On va voir si cette malédiction qui dure depuis plus de 20 ans va se vérifier la semaine prochaine à Amiens.

Le FC Metz aurait pu l’emporter à Guingamp mais un doublé de Deaux l’en a empêché. En soi, prendre un point au Roudourou est une bonne opération, mais dans la situation des Lorrains, c’est notoirement insuffisant. À l’heure où j’écris ce post, je n’ai pas les explications concernant l’échauffourée qui a opposé Kombouaré à Hantz mais il est clair que c’était particulièrement chaud. Comme d’habitude à domicile, Dijon s’est imposé, face à Caen cette fois. Contrairement aux apparences, les Normands ne sont pas encore sauvés. Et puis il y avait un match très important entre Lille et Angers. Le SCO est allé gagner au Stade Pierre-Mauroy en revenant à ses basiques, avec cette formation en 4-1-4-1, beaucoup de densité physique et une intransigeance défensive. Ce qui fait la différence, c’est que malgré cette saison très difficile, Angers peut compter sur un vrai buteur avec Toko-Ekambi, qui a inscrit ses 12e et 13e buts de la saison. Cette défaite est très grave pour Lille qui replonge dans la zone de relégation. À 11 journées de la fin, la situation sportive du LOSC est aussi préoccupante que sa situation financière.

C’est tout pour ce soir, avant ce dimanche de luxe qui nous propose trois gros matchs : un intéressant Nice-Bordeaux, un bouillant derby et un très attendu Classico pour finir.

Pierrot