Marseille rêve encore (un peu)
Posté par Pierre Ménès le 27 Novembre 2017
En battant Monaco grâce à deux buts inscrits en fin de match, l’OM s’est donné le droit de croire encore à la troisième place. Tout comme Sainté, large vainqueur de Nice. Mais l’ASM reste le maître du jeu…

Pour la première fois cette saison, l’OM a donc remporté un match face à une équipe du haut du classement. Dans des conditions assez rocambolesques, certes. Parce qu’on a vu l’OM faire preuve de plus de maîtrise dans ces fameux matchs face aux ténors - au Parc, les deux matchs face à Lyon - et ne pas gagner au final. Cette fois, ils l’ont emporté après une première période limite cauchemardesque, pendant laquelle le marquage individuel imposé par Bielsa a encore mis l’équipe sens dessus dessous. 

Ce qui nous a donné à voir des scènes étonnantes, avec Lemina, aligné arrière droit d’entrée (alors que Fanni, spécialiste du poste, était sur le banc) subir une faute à l’autre bout du terrain ou Andre Ayew occuper plus souvent le poste d’avant-centre que celui d’ailier gauche. Les fans appellent ça le « foot total », les autres le « foutoir total ». Après avoir encaissé un but au bout de 47 secondes de jeu sur une frappe sèche de Moutinho, les Olympiens pouvaient s’estimer heureux de rentrer au vestiaire en n’étant mené que de ce seul but. 

Car lors de ce premier acte, Fabinho trop égoïste en angle fermé, Martial tombé sur un super Mandanda et Silva dont la frappe a trouvé le poteau, auraient vraiment pu alourdir le score. A la reprise, Monaco a alors eu le tort de tomber dans une sorte de gestion molle, en se contentant de défendre et de jouer quelques coups en contre, mais pas à fond. Les entrants marseillais ont alors apporté leur écot : Fanni a muselé Carrasco et Thauvin, définitivement meilleur à gauche qu’à droite, a créé des brèches et involontairement provoqué la blessure d’Abdennour en poussant le Tunisien à un sauvetage miraculeux.

Sainté aussi, rêve encore (un peu)

La sortie du Tunisien a totalement désorganisé la défense monégasque, qui a craqué deux fois dans le dernier quart d’heure : d’abord sur une succession de petites erreurs exploitée au final par Ayew, puis sur cette action où le ballon navigue deux fois dans la surface avant de revenir sur Payet, dont le centre en retrait vers Alessandrini - 15e passe dé pour le Réunionnais - est parfait. Les Phocéens ont eu ce soir la réussite qu’ils n’ont pas eue lors d’autres grands rendez-vous cette saison. L’espoir d’un podium demeure côté olympien, mais avec deux points d’avance et deux derniers matchs face à un relégué et une équipe qui sera sans doute sauvée, l’ASM reste la mieux placée pour cette 3e place. 

Dans l’après-midi, on a eu droit à un Lens-Montpellier assez sinistre, que les Héraultais ont quand même eu le bon goût de remporter grâce à un joli but de Mounier. Et puis, après la grosse colère de Galtier qui avait suivi la défaite à Bastia, Sainté a administré une terrible correction à une équipe de Nice qui doit avoir hâte que cette saison se termine. Les Azuréens ont été totalement absents, ce dont les verts ont profité pour inscrire de très beaux buts, de la tête plongeante de Perrin à la lucarne de Monnet-Paquet en passant par la volée de Clément ou la percée en solitaire d’Erding. 

Mathématiquement, les Stéphanois eux aussi peuvent encore rêver au podium, même si la 4e place serait déjà une belle récompense. Surtout, ils ont montré qu’ils étaient capables de réaliser un festival offensif, dans le sillage d'un Gradel toujours aussi étincelant, et qui va sans doute quitter les Verts à la fin de la saison. Ce qui est bien dommage. Pour le club forézien, mais aussi pour la Ligue 1. 

Pierrot