Marseille et Guingamp abdiquent

Posté par Pierre Ménès le 4 Mai 2019

Il y a deux enseignements majeurs à retirer de ce début de 35e journée. Un, l’Europe c’est mort pour l’OM. Deux, la Ligue 1 c’est mort pour Guingamp. Marseille a perdu toute chance d’être européen la saison prochaine en concédant le match nul à Strasbourg. Pourtant, les Olympiens étaient nettement au-dessus en première période, bien aidés par un milieu alsacien assez incongru, avec trois milieux défensifs (Sissoko, Martin et Fofana) sur la même ligne, ce qui fait que le Racing n’avait aucune profondeur dans son jeu. L’OM a ouvert le score dès la reprise sur un joli plat du pied enroulé de Germain.

Mais d’une façon générale, l’équipe de Garcia n’a que très peu exploité les côtés. Et comme trop souvent cette saison, elle a lâché prise après avoir mené au score, concédant un penalty assez ridicule pour une faute de Rami. Un penalty tiré par Martin et repoussé par Mandanda, tout comme la reprise de la tête de Thomasson, avant que Lala ne finisse le boulot. Payet encore une fois remplaçant, Rami hors du coup, Thauvin blessé… Je pense que le visage de l’OM va changer à l’intersaison et j’ai peur que ce ne soit pas en bien. 

Samedi après-midi, le long pensum qu’est cette fin de saison du PSG s’est poursuivi face à la remarquable défense niçoise. En première période, les Parisiens ont eu quelques esquisses d’occasions, notamment cette superbe volée de Neymar repoussée par Benitez. Et en début de seconde période, ce sont les Aiglons qui ouvert le score sur une magnifique frappe sans angle de Ganago. Une action sur laquelle Daniel Alves fait bien son âge au poste d’arrière droit. Paris a ensuite égalisé sur un penalty de Neymar après une faute un peu stupide de Burner sur Di Maria.

Cavani irascible

C’était un mach à penalty pour Paris. J’aimerais qu’on m’explique comment la VAR peut ne pas donner penalty pour la poussette de Barbosa sur Draxler et comment elle peut le donner pour la faute de Dante sur Neymar alors qu’on voit bien que le Brésilien contrôle le ballon de la main. Encore une fois, tant que la VAR sera utilisée par des gens qui ne voient pas ce que tout le monde voit, cela ne servira à rien. Mais bon, Cavani ayant vu sa tentative arrêtée par Benitez, Nice s’en est finalement tiré avec un match nul très mérité. Cavani qui n’avait pas joué depuis près de trois mois et qui m’a semblé hors de forme - ce qui est assez logique - mais aussi incroyablement nerveux - ce qui l’est moins. Il s’est montré très irascible à l’endroit de ses coéquipiers, qui ont pourtant essayé très souvent de le servir, à l’image de Neymar. Je ne sais pas si c’est un indice de la défiance du buteur uruguayen à l’égard du club, mais ce n’est pas très rassurant. 

En soirée, Nîmes a très joliment passé trois buts à une équipe de Reims qui n’a plus d’essence dans le moteur. Trois jolis buts signés Ferri, Ripart et Bouanga. Les Crocos montrent semaine après semaine et match après match que même avec un petit budget, on peut pratiquer un football agréable et marquer des buts. Un état d’esprit dont auraient dû s’inspirer Guingamp et Caen dans le match dit « de la mort » ou « de la peur » selon les versions. Les deux équipes ont, c’est le moins qu’on puisse dire, justifié leur mauvais classement. Surtout l’En Avant. Les Caennais étaient là pour ne pas prendre de but, c’est ce qu’ils ont fait, avec une excellente organisation, beaucoup de rigueur et un engagement physique de bon aloi. 

A l’inverse, on n’a jamais senti que les Bretons jouaient un match pour leur survie. Ils n’ont quasiment pas eu d’occasions dans ce match et comptent donc toujours cinq points de retard sur la place de barragiste. A trois journées de la fin, j’ai bien peur que ce soit cuit pour nos amis guingampais. Enfin, Angers est allé se servir à Bordeaux comme il en a pris l’habitude ces dernières saisons. Des Girondins qui éclusent leur quatrième entraîneur de la saison après Poyet, Bédouet, le duo Bédouet-Ricardo et désormais, Costa. Et l’équipe est toujours aussi affligeante, sans combativité ni enthousiasme. En Gironde aussi, il y a un gros ménage à faire. 

Pierrot